mardi 3 décembre 2013

Cris et chuchotements de la lumière














Dans le film d’Ingmar Bergman, la caméra donne l'impression de faire corps avec l'image, qu'elle n'est pas dissociée du regard... L'image a une matérialité étonnante, troublante... Peut être aussi est ce du à la composition pure des cadres ? 

Comment, pourquoi presque tous les cadrages sont ils beaux ? Parce que chez Sven Nykvist, le chef opérateur de Ingmar Bergman, ce ne sont pas des images mais des visions qui sont captées. Pourquoi dans tant de films les cadrages n'apportent rien ?  Parce que l'image est morte, elle n'est que l'urne qui contient la narration. Ingmar Bergman, ne raconte pas des histoires, il exprime des sensations, des ressentis, chaque plan est donc une vision. Un tableau. Que l'émotion peint. Chaque plan fait sens. Chaque plan est sens. Chaque plan est une écriture. Un poème.

Ingmar Bergman capte les cris et les chuchotements de l’âme  humaine et celle de la lumière aussi. Sorte de symbiose entre la lumière et le sens. Et quand Ingmar Bergman filme la violence, c’est l'image de la violence et non la violence de l’image qu'il nous donne à voir. A percevoir. Quand Karin porte à sa bouche le sang de son sexe qu’elle a tranché, c’est son regard vers son mari qui est d'une extreme violence, et non sa blessure à peine entrevue. Peut être que lorsque la violence est montrée, ou l’acte sexuel, le réalisateur n'a rien à proposer d’autre que l'image. Il montre. Il ne dit rien. Il n’a rien a dire. 


Ingmar Bergman et Sven Nykvist filment l'âme, c’est cela qui nous troublent. Nous voir de l'intérieur.

Aucun commentaire: