lundi 16 janvier 2017

Glissement de la lumière sur le temps

















Jeûne de 7 jours.
Le jeûne rend léger, le corps est en jachère. Au repos. Au silence.
Le corps redevient lent. On le sent.
Perception plus fine, plus pure de la lumière, comme si un filtre avait été ôté, un voile levé, étrangeté d’un nouveau regard.
La pensée, l’écriture deviennent plus facile, comme libérées de la gangue du corps, comme elles se seraient extraites de la matière, de la chair, le corps n’étant plus alors un obstacle, une déchirure.
Respiration, ample, profonde, lente, reposante, au rythme millénaire.
Le temps du jeûne est un temps long, un temps qui s’étend, un temps fluide, un temps où la hauteur du soleil redevient importante, où l’on perçoit l’importance de l’ombre qui s’étend sur le mur, où l’on entend le glissement de la lumière sur le temps.

jeudi 5 janvier 2017

La mort est là


La mort est là. Là dans ma main. La mort est là dans ma main. 
La Tottenkoffe, l'insigne des SS est là dans ma main. La mort est là dans ma main. Je la regarde. Je regarde la mort, là dans ma main. Je l’observe. J’observe la mort. Là dans ma main. Là dans mon souvenir. Cette mort jouera dans « EST ». La mort est là. Là dans ma main vieillie. Là vivante dans mon histoire.




lundi 19 décembre 2016

« Viens, et vois » (verset 6:7 de l’Apocalypse)

Découverte du film de Elem Klimov « Vas et Regarde » (1985), dont la lamentable adaptation du titre en français est « Requiem pour un massacre », qui donnerait à penser à un médiocre polar de série B française des années 60, alors que c’est un film magistral sur les actions et exactions des Einsatzgruppen sur le Front de L’Est en 1943… Les Einsatzgruppen étaient des formations SS chargées de l’extermination des Juifs, Partisans, Communistes, prisonniers de guerre, civils hostiles aux Allemands et qui agissaient conformément aux directives de « l’Ost Plan « sur la liquidation de la population Juive et Slave à l’Est. Ces Einsatzgruppen agissaient immédiatement sur les arrières de la progression de la Wehrmacht. La grande force de ce film, est de faire de nous des témoins, au travers le regard d’un jeune partisan de 15 ans, et cela sans aucune complaisance morbide dans la descriptions des massacres, et sans pathos non plus, juste un regard humain sur l’inhumain : la joie et le plaisir des unités SS à massacrer, (joie aussi des unités de la Wermarcht à assassiner les Juifs, lors par exemple du massacre de Berditchev relaté par V.Grossman dans ces carnets de guerre), leur impunité morale forgée par la « Weltanschauung » (la vision du monde) Nazi, qui s’exprime dans leur actes et leurs discours : c’est la première fois que j’entends dans un film un dialogue exprimant explicitement la volonté normale, légale, idéologique, d’extermination des Juifs et des Slaves pour le Lebensraum, l’espace vital, Nazi. Un film magistral à plusieurs points de vue sur la Guerre à l’Est - scénario, réalisation, photographie, interprétation, dialogues- , loin des Stalingrad d’Annaud et consorts et évidemment, et hélas, bien moins connus. Les Waffen SS, les troupes combattantes de la SS, est resté, par la réécriture Americano_Franco-Allemande de l’Histoire lors de la Guerre froide, dans le conscient collectif comme la seule expression du « mal » Nazi, forgeant un mythe simplificateur de l’idéologie Nazi par une dualité trompeuse : La Wehrmacht est représenté comme des preux guerriers, à l’esprit chevaleresque, aux officiers cultivés, aux hommes de troupes obéissants et valeureux, à l’opposé les Waffen SS sont des êtres malsains à la pathologie sadique et meurtrière, agissant dans la pulsion des combats. Mais cette histoire à l’eau de rose, servie à satiété par les états et les médias, se relève être mensongère. Sur le front de l’Est, où il y eut 15 millions de morts civils, donc 2, 5 millions de Juifs, la Wehrmacht a participé aux actions d’extermination de son propre chef : logistique pour le regroupement des population à exterminer par les Einsatzgruppen, exactions, pillage , extorsion de la nourriture, destruction des villages, prisonnier de guerre Soviétique condamnés sciemment à la famine. Cette dualité, « preux guerriers » vs guerriers « sans foi, ni loi », n’existe pas dans les faits, les soldats et officiers Allemands tous corps confondus, étaient unis par l’idéologie Nazi qui en faisait un groupe homogène, avec une pensée commune et unique, quant aux buts de la Guerre à l’Est : extermination humaine, économique, culturelle, militaire de l’URSS, pour constituer le Lebenraum Allemand, et une conscience partagée qu’ils faisaient le bien du Peuple Allemand en exterminant le Peuple Russe. La réecriture Americano_Franco-Allemand de l’Histoire a aussi réduit la SS à sa seule composante combattante, la Waffen SS, laissant de côté la partie civile et administrative de cette organisation. Mais la SS était l’infrastructure même de l’Etat Nazi, son Elite idéologique édificatrice du III ème Reich, qui a conceptualisé, théorisé, planifié, ordonné, organisé, appliqué, optimisé l’Ost Plan, la colonisation génocidaire de l’URSS. Richard Walther Darré était General SS et Ministre de l’Agriculture et à ce titre il a participé à l’élaboration de l’Ost Plan dans sa dimension de re-organisation agraire des territoires conquis, celle çi impliquait la disparition de 30 millions de personnes qui était planifié par une famine organisée. Konrad Meyer-Hetling, Herbert Backe, eux aussi était des hauts gradés de la SS et ont été au sein du Ministère de l’Agriculture des zélés technocrates de la colonisation génocidaire de l’URSS. Ici pas de SS psychopathes, abrutis, sadiques. Non ici que des intellectuels cultivés, des brillants universitaires, des diplômés en économie, en mathématique, en agronomie, en physique, en histoire, des dignitaires distingués aux belles manières. Méconnaître cela c’est méconnaître le Nazisme dans ces aspects fondamentaux. Après les procès de Nuremberg (procès dit des Ministères) on s’est empressé de reconstruire une Allemagne « propre », de gommer, de mettre sous silence, d’atténuer tout cela, comme si le 9 mai 1945, 20 ans idéologie Nazi s’effaçaient du jour au lendemain. La Pax America dans l’Europe de l’après guerre s’est faite au détriment des sacrifices humains et matériels des Russes (15 millions de mort civil, 11 millions de morts militaire), en faisant des vainqueurs du Nazisme, et pour lesquels nous étions redevable de notre liberté retrouvée, le nouvel ennemi.

samedi 26 novembre 2016

CINÉMA SOLA IMAGO




PRÉCEPTES

IMAGE
« Sola imago », par l’image seule, c’est un cinéma où le cadre, la lumière, font partie intégrante de la dramaturgie comme le jeu des acteurs, les dialogues, car l’image en mouvement est l’essence même du cinéma. 
Dans le cinéma narratif l’image n’est qu’utile, elle a perdu son sens propre, sa beauté, son émotion. Dans le cinéma « sola imago », l’image redevient le creuset du regard, c’est là que naissent les scènes. C’est un cinéma peinture, filmé à 24 coups de pinceau, en Noir et Blanc, car il permet de privilégier l’émotion, le ressenti, de souligner les lignes de force de l’image et de l’émotion.

SITUATION
C’est un cinéma résolument non narratif, qui ne raconte pas une histoire, qui n’est pas bâti sur une intrigue, mais explore une situation, un moment de vie. Comme l’étoffe des rêves, le film est composé d’un suite de tableaux, chacun venant se complémenter, offrant des espaces distincts de ressentis, de perceptions. La logique de l’enchainement de ces différents espaces, relève de celle des rêves, elle y est donc plus symbolique que raisonnée.

TEXTE
Les dialogues sont vus comme des « tableaux de mots », et non comme objet d’une continuité narrative, ou d’une interaction verbale entre personnages. Ils ne servent pas à expliquer mais à comprendre.
Les « dialogues » ne proposent pas une continuité narrative, ni un développement dramatique. Ils sont là, paroles que l’on écoute, sensation que l’on éprouve. Ils sont une étape, et non un lien narratif.
Aux dialogues, s’ajoutent les monologues, ce flot de paroles que l’on retrouve à la fois au théâtre et dans la folie. Par cette absence, celle de l’autre, le monologue permet de se concentrer sur un personnage, de l’écouter, de le voir. C’est aussi un moment où le comédien/ la comédienne, ne se retrouve pas seul(e) à l’image mais face à l’image. Exercice difficile : par sa présence, son jeu, son interprétation, il/elle devient le regard à lui/elle seul(e).

MUSIQUE
Dans le cinéma « sola imago », la musique est une forme de texte. Que l’on écoute. Que l’on voit. Elle n’accompagne, ni ne comble, ni n’efface l’image, elle est ; elle est comme le texte, elle façonne l’émotion, forge le ressenti. Elle possède sa propre intention qui vient compléter celle de l’image, en une union qui jamais n’altère l’autre. Elle n’est pas sur l’image, rajoutée, mais dans l’image, incrustée, faisant corps et âme avec elle, poésie sonore, qui vient en écho à celle de l’image.

IMAGE TEXTE SON
Ces 3 écritures travaillent de concert et en parallèle. Chacune a sa spécificité, mais au lieu de les développer séquentiellement elles le font en parallèle, le mixage jouant un rôle important dans ce rendu, ces 3 écritures venant alors se renforcer l’une à l’autre, dans un tumulte de sens.

INTIME ÉCOUTE INSTANT
C’est un cinéma intimiste, proche de la vie, filmé caméra à l’épaule en lumière naturelle avec une petite équipe. La prise de son est simplifiée par l’usage de micro cravate et un son d’ambiance perché, elle est time-codée avec la caméra. Le décor est naturel et peu altéré par les contraintes de mise en scène ou de cadre.
C’est aussi un cinéma d’écoute. Un plan non prévu sera tourné parce qu’aura éclos une nouvelle idée de mise en scène, un remaniement de dialogue, ou qu’une belle lumière se sera invitée sur le plateau. Cet aspect sera gardé au montage, où peuvent naître par le maniement plans, des séquences, jusqu’à là, encore inconnues.
Enfin, c’est un cinéma de l’instant. Sil y a un repérage, un découpage en scènes, la mise en image des plans se fait dans l’instant. Cette pratique apporte la souplesse nécessaire à la créativité, et si elle n’est pas sans risque, elle force à rester aux aguets de la beauté, et elle unit dans cet effort, l’ensemble des personnes qui contribuent à la création des plans.

vendredi 28 octobre 2016

Le chasseur de lumière

Avec mon Sigma SD Quattro a capteur Foveon, je suis devenu un chasseur de lumière. Plus dans le registre du chasseur de papillon que celui du tueur de grand fauve.  Avec ce filet à lumière, je capte avec délicatesse ombres, couleurs, pénombres, hautes  lumières, tout un dédale, un lacis de nuances, de subtilités, de dégradés.  Me rendant au Père Lachaise pour une courte promenade profitant d’un soleil d’hiver, à la lumière rasante et douce, après 5 jours passer à étalonner dans la quasi obscurité,  j’ai photographié les vitraux de certaines sépultures. 

Au retour épinglant mes prises sur mon écran, je fus de nouveau éblouis par le rendu que cet appareil me donne. J’avais ramené ces instants de lumière que des « passeurs de lumière » (1)  avaient créés. Ce qui éblouissait mon regard c’était la vérité éminemment subtiles, des couleurs, des dégradés, des ombres, des entre deux car le capteur spécifique du Sigma fournit  des couleurs qui ne sont ni calculées, ni  interpolées avec un rendu obligatoirement approximatif , comme avec une capteur à grille de Bayer, mais seulement captées. Simplement. Comme un peintre capte la couleur. La vie. 

Dans une société dominée par l’image, il est étrange que celles çi , depuis l’avènement du numérique, représentent le monde d’une manière, fausse, du moins faussée, car chaque image est un mensonge colorimétrqiue, une altération du regard que l’on porte sur ces instants. Comme vivre bien dans un Monde où sa représentation est mensonge et enlaidie ?
Les marketeurs nous abreuvent de réalité augmentée, mais nous vivons dans un monde à la réalité diminuée, où la simple réalité est atrophiée par sa technologie de représentation photographique et filmique.  Si la beauté du rendu du Sigma serait celle de la majorité des photographies prises, peut être que sa transmission de la beauté qui nous entoure, aurait une influence sur nos comportements…

Après ces quelques essais, j’aimerais  avec mon filet à lumière, partir à l’assaut des Cathédrales, ramener dans ma besace numérique, ces lumières de vitraux, ces éclats de lumière, d’âme.



1) Titre du livre de Bernard Tirtiaux

lundi 10 octobre 2016

Ce n'est pas un film


C’est une maison. C’est un film. C’est un film dans une maison. Une maison avec des miroirs. Et des couloirs. Un film avec des miroirs. Et des couloirs. Un jardin aussi. Avec un petit étang. Une lumière aussi. Douce, alanguie. Une lumière d’automne. Qui rentre par les fenêtres. Il y a deux femmes. Et deux enfants. Deux filles. Ce n’est pas un film. C’est une maison. Il est question de la violence d’une des filles à l’école. A mille lieux de la maison. Du jardin. Du bois des meubles. Du tissus des nappes. De la lumière des vitres. Il y a un homme qui arrive. Les personnages adultes passent dans les couloirs. Ce n’est pas un film. C’est un couloir. Un passage. Un fleuve qu’ils traversent. Un voyage intérieur. Il y a une voix à la radio. Elle parlent de deux jeunes tueurs encerclés par la police, non loin de la maison. Du film. Les dialogues sont des mots. Pas des paroles. Ce n’est pas un film. C’est des mots. C’est en noir et blanc. Les cadres sont beaux. La photographie est belle. Mélange de lumière et de flou. De peau aussi. De nervures de bois aussi. Ce n’est pas un film. C’est du noir et blanc. La musique. Oui la musique qui revient. Quelques notes de musique. Quelques notes de silence. Il y a un piano. Des mais d’enfants sur le clavier. Des mais d’enfants que des mains adultes guident sur les touches. Elles les guident avec force. Elles font mal. Violence de ces mains autoritaires sur ces mains d’enfants. Des visages qui regardent le jardin. A travers les vitres. La musique accompagne le regard. Ce n’est pas un film. C’est une musique. Des miroirs. Beaucoup de miroirs. Mais des miroirs doux. Ils reflètent que le temps qui passe. On y voit les visages, le corps des personnages. Mais le miroir ne les reflètent pas, il les montre. Ce n’est pas un film. C’est un miroir. Les deux jeunes tueurs encerclés par la police sont adolescents. Ils ne sont pas encore homme, mais ils ont déjà tués. Il y a un chat. Un chat noir. Il vit dans la maison. Dans le jardin aussi. Dans le couloir aussi. Il passe. Le suit. Déambule. Disparait au coin. L’homme parle. Il est grand. Il est fort. Mais c’est un enfant. Il joue l’homme, mais c’est un enfant. Les deux femmes l’écoutent. Elles regardent l’homme et écoutent l’enfant. Ce n’est pas un film. C’est un enfant. Une enfance. L’eau. L’eau de l’étang est un autre miroir. Un miroir vivant. Vaguelettes. Ondulations. Ridant le souvenir. Ce n’est pas un film, c’est un souvenir. La petit fille est recroquevillée sur le canapé. C’est la fin de la journée. La lumière est sur le départ. On distinct à peine son corps sur le divan. A coté des cousins, un corps. Son corps. Dans une pénombre de solitude. Cette petite fille s’appelle Nathalie Granger. C’est un film. De Marguerite Duras.
Nathalie Granger
Scénario et réalisation Marguerite Duras
Avec Lucia Bosé, Jeanne Moreau, Gérard Depardieu
Photographie : Ghislain Cloquet

La beauté retrouvée du photon



La photographie ou le film numérique est étrange. Le capteur qui équipe la plupart des appareils photos et caméra, ne sait pas enregistrer la couleur car il ne capte que l’intensité lumineuse (la « luminance ») ; pour  réaliser une image couleur, on superpose au capteur une grille dites de Bayer composées de filtre Rouge / Vert / Bleu.  Comme chaque pixel ne recevant  pas l’intégralité des composantes B/V/R, il va falloir interpréter mathématiquement « l’intensité » de la couleur de chaque pixel avec ceux adjacents pour déterminer sa couleur. La couleur n’est donc pas capturée mais calculée. Elle n’est pas réelle, mais construite sur des approximations. 

La réparation physique des filtres RVB de la grille Bayer sur le capteur fait que seulement 25% du rouge et du bleu  et 50 % du vert du sujet est utilisé pour déterminer la couleur « réelle » . Donc le rendu colorimétrique des belles images que nous voyons, n’est qu’une partie  de la réalité photographiée et sur laquelle on va appliquer des algorithmes d’interprétation pour calculer l’ensemble la couleur de l’ensemble des pixels. La couleur ainsi construite ne peut être celle réellement du sujet, c’est une approximation. 

Ce qui est extraordinaire c’est que c’est un formidable bond en arrière par rapport au film argentique, dont chaque partie élémentaire ( que l’on pourrait comparé à un pixel), recevait lui l’’ensemble des composants R/V/B de la couleur du sujet. De plus quelque soit la puissance des algorithmes mathématiques, sur des sujets possédant une même couleur mais avec des millions de nuances, de part la structure même de la grille de bayer il y aura une perte irrémédiable des nuances et détails.

Donc depuis des lustres les industriels de l’image numérique  nous fourguent une image dont les couleurs  sont une approximation de ce qu’elles sont  en réalité. Et par nos regards floués, nous croyons percevoir le monde.

Cette réalité construite à partir d’algorithmes mathématiques me troublait et le temps passant  le rendu colorimétrique de mes images m’attirait de moins en moins, et leur transformation en N&B me décevait…Par hasard sur le WEB, je suis tombé sur des images N&B étonnement belles, leurs nuances de lumière, leur dégradés étaient un festin pour le regard. Approfondissant ma recherche, je découvrais que ces photographies avaient été prise avec un appareil SIGMA équipé d’un capteur « Foveon » dont le fonctionnement est radicalement différent de celui des capteur à grille de bayer.  En effet, il utilise la propriété du silicium à absorber plus ou moins profondément le bleu, le vert, le rouge.
Alors, comme un film argentique, chaque pixel reçoit sa vraie quantité de R/V/B ce que implique que le rendu colorimétrie n’a pas à être interprété mathématiquement, car il représente la réalité de la lumière et la colorimétrie du sujet. La couleur est capturé pleinement, totalement, dans une sorte de fusion analogico-numérique. Les images sont somptueuses car elles ont les millions de nuances de la réalité,  cette richesse de nuances, donne un N&B fastueux avec une palette de noirs, de gris, de blancs très proche  de ce qu’un film argentique fournissait. Sans parler de la Balance des Blancs qui est d’une précision sidérante, car le blanc est capté et non calculé comme avec un capteur à grille de Bayer. 

A mes yeux, c’est une sorte de renaissance de la lumière photographique et étonnement c’est sa subtilité qui donne la force à l’image et ce rendu particulier n’est pas seulement beau, mais il est émouvant.

J’ai donc fais l’acquisition d’un SD Quattro avec un 30 mm ART. Les dimensions du boitiers contraste avec la petitesse du Sony A7 par exemple. Mais la main trouve sa place naturellement sans contorsion inutile  et maintient fermement le boitier. L’ergonomie des commandes est parfaitement pensé, et le bouton On/Off sur le fut du boitier m’a tout de suite séduit, car ayant manipulé souvent des Black Magic,  cet endroit m’a toujours paru parfait pour ce type de bouton ! 
L’ergonomie des menus et de l’écran complémentaire est là aussi étonnement bien pensé. Sur ces brochures et site web Sigma se dit être un artisan, confectionnant des instruments de photographie et non des boitiers et bien pour une fois, ces dires marketing sont vrais !  

On ressent dans l’usage que ce boitier a été pensé, réfléchi. Cela fait tellement du bien, de se retrouver avec un boitier que l’on aime, avec lequel on va faire corps. 
Evidement avec un tel boitier, fini la » photographie Lucky Luke » (la street photographie..)  où on sort son appareil plus vite que son ombre. Je l’ai pratiqué encore récemment, mais il me semble que  l’instant décisif cher à Henri Cartier Bresson, n’est pas dans la rapidité, mais dans la construction de son regard. 

Ce n’est pas l’instant décisif du sujet, mais celui du regard qui fait la photographie. Et celui là demande maturation, lenteur en quelque sorte. Il émane peu à peu de notre esprit, grandit, s’épanouit. Il faut du temps pour capter l’instant. Et puis, la beauté des images du Sigma et du 30 mm ART me donne envie que de ramener que celles la.



Nous sommes dans un monde où l’image numérique est reine et pourtant notre regard s’éloigne de la beauté par la confrontation quotidienne à la laideur du rendu colorimétrie  de la télévision, de youtube, du web, des appareils compacts, des smarphones et particulièrement dans ce dernier domaine, l’image  est sous la férule du marketing où le traitement logiciel semble être la pierre philosophale de l’imagerie numérique et qui nous impose une beauté qui n’est que marchande.


L’appareil photographique Sigma, redonne aux images  une émotion quelque peut émoussée par les  algorithmes, le marketing  l’industrialisation de l’image. Alors, la lumière, la couleurs redeviennent ce qu’elles ont toujours été des ondes aux formes douces vent s’échouer sur nos rétines, et la photographie une poésie visuelle.