Dans le landerneau technique de la video numérique, le hack de Magic Lantern permettant du RAW en vidéo sur le Canon 5D MKIII, défraie la chronique, et la plupart des blogeurs patentés ne jurent plus que par cette "innovation".
lundi 20 mai 2013
Le roi RAW
Dans le landerneau technique de la video numérique, le hack de Magic Lantern permettant du RAW en vidéo sur le Canon 5D MKIII, défraie la chronique, et la plupart des blogeurs patentés ne jurent plus que par cette "innovation".
samedi 11 mai 2013
Satori
Au détour d'un plan (celui où Germaine et Marcel Challaye sont dans l'étable) de "la vie moderne" de Raymond Depardon, compréhension instantanée, fulgurante, que la lumière naturelle est la lumière juste. Qu'on ne peut que la capter. Car la lumière avant d'être matière, est une émotion.
Ce plan a la beauté d'un tableau en "lumière flamande", mais il est avant tout un regard posé sur le réel, une émotion saisie. La lumière léchée du film "La jeune fille à la perle" (une fiction autour du tableau éponyme de Johannes Vermeer, réalisé par Peter Webber) n'émeut pas, car elle a le goût du factice, de l'émotion reconstituée à partir de l'esthétisme lyophilisée du peintre. Là on est dans le cinéma, chez R.Depardon on est dans l'image.
jeudi 2 mai 2013
Debord et les Autochromes
Beauté de Autochromes des frères Lumière...Peu contrastés, peu saturés, les Autochromes ont un rendu logarithmique auquel on aurait appliqué une LUT très douce, contrastant et saturant à peine... Etrange beauté de ces photographiques au rendus de couleur si naturel et avec aussi une étonnante plage dynamique...
Pour les marketers la beauté c'est contrasté/saturé, reflet de l'esthétisme des plateaux télé, de l'idéologie marchande de la beauté. Les clichés de nos compacts formatés par la marchandise font pâles figure devant ces Autochromes, lumière d’âme.
lundi 15 avril 2013
Digital Road Movie
Les annonces de BlackMagic Design au NAB 2013 ont de quoi énerver... Ils annoncent la Black Magic Production 4K /global shutter/ capteur S35 alors que la BCC que je viens d'avoir, après six mois d'attente, a un capteur plus petit (plus grand que le S16 / plus petit que le 4:3).. Donc à titre personnel, je suis un peu frusté ; mais cette caméra d'une telle qualité à 3000 euros, c'est encore un coup de maitre. Pour me consoler je pense à ceux qui ont investis dans une C300 ou même une C100 ils ont de quoi déprimés :-), déjà que la BCC que j'ai, surpasse en qualité la C300...
L'autre annonce de BlackMagic qui énerve, c'est celle de la Pocket Camera une BCC miniaturisée avec un capteur S16. Personnellement je suis enchanté de cette annonce et j'en ai deja pré-commandé une, mais elle doit énerver les Canon, les Nikon, les Panasonic, les Sony... Même format, même dynamique RAW et PRO RESS QT Log, le tout sur cartes SDHX avec un prix a 900 euros, voila qui redéfinit le segment de camera légère et ouvre l'ère du S16 numérique, du digital road movie. Couplé avec un MacBook Pro Retina qui avec sa puissance permet le montage et l'étalonnage, voila le studio nomade, l'image on the road. Ce n'est plus la caméra au poing, je vois / je filme mais camera à l'âme, je ressens / je filme. Il est fort à parier que cette camera va être l'outil d'un renouveau cinématographique et elle en parfait accord avec la démarche L.E.S.S.
Les grands constructeurs se sont enkystés dans leur marketing avec l'obsession de la segmentation et de leur surenchère technologique pour créer de nouvelles sources de business (le 3D, le 4K), ils manquent depuis bien longtemps d'imagination, et ont abandonnés le désir de créer des outils, pour se suffire de vendre des produits. Pour les constructeurs de caméra de cinema, le marché du prosumer, le documentaire, l'institutionnel ne les intéressent pas (pourtant pendant longtemps Arriflex était le roi du 16 et du S16 en complément du 35). Il aura fallu, comme Apple en son temps à lancer le Macintosh, qu'un outsider créatif et osons le mot, visionnaire, comme Black Magic Design pour apporter aux gens d'image (du moins une partie !) leurs outils de création.
Avant de partir sur la route avec cette Pocket Camera, je continue l'exploration de la BCC. Si elle simple d'usage il faut maitriser son exposition, les "trucs" de sa mise en oeuvre, l'étalonnage des rushes en terme de qualité, les workflows. Je serai fin prêt pour assurer la formation prévue avec 5Formation du 10 au 14 juin avec un design du support de formation très "constructiviste" pour être en phase avec cette caméra de/pour l'avant garde ! :-))
D'ici là je me repaît de la beauté des images de la BCC, une beauté émouvante qui caresse l'âme, et avec laquelle le N&B devient somptueux, surpassant la réalité.
Site de 5Formation : http://www.5formation.com
L.E.S.S ; http://blognotedunvideaste.blogspot.fr/2011/11/less-leger-engage-sobre-subtil.html
mardi 2 avril 2013
La peau, enfin...
Depuis une semaine la BlackMagic Cinema Camera trône chez moi...premières images....des d'images d'essais pas encore des image de sens, mais déjà éblouit par les résultats... La Black Magic a une dynamique impressionnante (13 EV annoncé, 10 assurés) et grâce au 422 10 bit Pro Ress HQ ou Raw, une latitude phénoménale à l'étalonnage, les masques HSL qui se font comme par magie (noire bien sûr !), et une peau qui est enfin une peau.....
ll y a de l'Apple dans cette camera, quant a son ergonomie : 4 menus avec 5 items chacun. Rien d'autre, mais il y a tout.
La BCC n'est pas exempt de défauts : tous les objectifs EF ne sont pas compatibles, batterie un peu faible, écran peu visible, saisie laborieuse des meta data, obligation d'ajout de poignée entre autre... mais avoir cette qualité d'image pour 2500 euros cela vaut le coup de passer outre ces défauts qui sont pour la plupart des défaut de jeunesse du produit.
Le plus grand regret est que la BCC ne sera jamais une caméra d'épaule, même avec de dispendieux rigs, dans ce domaine le seul recours possible serait qu’AATON sorte une D Minima....
Loin des tests bricolés, des laborieux comparatifs, des discussions sans fin des forums, un chef opérateur américain, Ryan E. Walters, qui utilise et maîtrise 3 caméras (ALEXA / RED / BCC), indique sur son blog que pour lui la matière, la texture de l’image de la BCC est proche de celle de l’ALEXA, un beau compliment pour cette caméra...
Dans le domaine du film institutionnel, où petitement j'oeuvre, le Canon 5D MKII avait donné la profondeur de champs à ces films a petit budget apportant une nouvelle esthétisme. La Black Magic Cinema Camera ouvre un nouvel univers créatif, et avec sa texture d'image proche du celle du cinema, l'humain va s'en trouvé mise en valeur..
Le blog de Ryan E. Walters qui regorge d'informations techniques, d'explications sur l'exposition, la dynamique des capteurs, de profils Sekonic et plein d'autres choses ! : http://www.ryanewalters.com
La photo est de Sébastien Godefroy
dimanche 20 janvier 2013
La caméra dans les étoiles
Dans le numéro de Télérama du 5 janvier 2013 (1) JP Beauviala parle de sa nouvelle caméra Aaton Penelope. On y apprend que le capteur qui équipe cette caméra est réalisé par une société canadienne dont les capteurs équipent les sondes Curiosity de la Nasa pour explorer Mars, la Nasa devant avoir une grande précision dans la colorimétrie...
La Black Magic Camera a aussi un capteur qui a un rapport avec les étoiles, car utilisé dans une gamme de téléscopes. Jolie filiation, du ciel à la terre, de la lumière morte des étoiles à celle vivante de la terre, que nous captons du même regard.
Dans les années 80 on parlait des caméras Aaton dans "Les Cahiers du Cinema" ( à relire les fameux entretiens entre Beauviala et Godard au sujet de l'Aaton 8/35 dans les Cahiers du Cinéma N° 348 et 350 de 1983 ), aujourd'hui c'est dans Telerama.... étrange glissement du cénacle de la Nouvelle Vague, à l’agora 2.0 du web...
(1) http://www.telerama.fr/cinema/aaton-la-camera-qui-redonne-du-grain-aux-images,91462.php
dimanche 23 décembre 2012
Le cinéma de Raymond
Il y a 2 ou 3 ans voulant filmer New York, j'avais voulu visionner le "New York" de Raymond Depardon. Ne le trouvant pas d'une manière unitaire, j'avais du acheter le pack complet "Depardon Cinéaste" chez Arte Video...... Quelle déception au visionnage de ce film : 9 mins / 3 plans / Départ de Manhattan en fin de journée par le Roosevelt Island Tramway / Interminable plan fixe de gens dans la rue/ Retour Manhattan par le Roosevelt Island Tramway de nuit. Et la voix off de Depardon qui nous apprend qu’il n’est pas arrivé à filmer cette ville. et qu’il n'a conservé que ces plans...Ces 3 plans qui pour les critiques intello-cinephiles étaient sublimes, of course.
J’ai pris en grippe ce coffret et ne l'ai plus consulté, jusqu'à dernièrement à la suite de «Lettres d’amour en Somalie" de F Mitterrand, j’ai regardé « Empty quarter / Une femme en Afrique « de Raymond Depardon, ce film me semblait en résonance avec celui de F Mitterrand. Divine surprise, le visionnage de ces images fut une révélation. Si Je n’aimais pas le cinéma de Depardon, (trop de flagorneries culturo-intellectuelles, trop d'encensement aveugle, trop de maniérisme), le cinéma de Raymond est beau et attirant.
Pourquoi filmer en Afrique ? pour l'ombre assurément, le lacis des pénombres...
Le cinema de Raymond n’est pas celui de la narration, il est celui de la lumière. La lumière est au service de la narration. La narration est la ponctuation de la lumière, des pénombres, des interstices lumineux, des glissements d’obscurité. Ses films ne sont pas à regarder, mais a ressentir, à percevoir. A regarder avec l'âme.
Elle. Elle s’appuie sur la jeep. Ensablée. Elle. Elle est verticale. La jeep est penché vers l'avant. Tout est immobile. La composition est celle d'une photographie. D'un tableau. Seule la robe bouge au vent. Doucement. Et ce mouvement est celui du sens.
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