dimanche 9 décembre 2018

ILS SONT DÉJÀ MORTS


Quelque soit les mesurettes que Macron annoncera lundi soir avec l’air martial de rigueur,  et les poncifs sur l’état de droit et les violences des casseurs, il est déjà mort.

Macron ce freluquet pédant restera dans l'Histoire pour avoir créé une révolte pas vu depuis 50 ans et de faire intervenir les militaires ( les gendarmes le sont) à Paris avec leur blindés contre les manifestants c’est à dire contre ses propres citoyens dont ses fonctions sont censés leur apporter protection et bien être. Il restera aussi dans l’Histoire pour son incapacité à gérer cette crise comme un digne homme d’etat, et non comme un roitelet défendant les intérêts de sa caste qu’il l’a  porté sur le trône en restant cloîtré silencieux dans son palais, comme un vulgaire dictateur de république bananière. Déjà à l’étranger Macron est rayé des problèmes et on lui souhaite bien du plaisir pour parler de la grandeur  et du rôle de la France dans les instances internationales.  En France, la dynamique de Macron et de ses sbires de  LREM est cassée ou du moins fortement ralentie. Il fait penser à Messier le PDG de VIvendi dont les projets industriels aussi prétentieux que fragiles avaient ruinés Vivendi qui était à 2 doigts du dépôt de bilan et n’avait plus de trésorerie pour payer ses salariés. Ces pairs du Medef lui on fait gentiment comprendre que ses conneries suffisaient et qu’il fallait démissionner, ce qu’il fit. On peut imaginer que la clique d’industriels qui a élu Macron est peu satisfaite de l’investissement, le chaos social affaibli la production, diminue leurs bénéfices. Ils pourraient lui faire comprendre que la fête est finie qu'il faut être adulte et responsable, quitte à faire  des concession dans le cadre d’un nouveau Grenelle. Faire des concession salariales majeures tous les 50 ans ce n’est pas la mer à boire, ils savent être magnanimes.

Un autre mort c’est Mélenchon. Le théoricien auto proclamé de l’ère du peuple à bien peu été visible ces temps çi. Pour lui la révolution c’est lui qui décide quand, où est avec qui elle se produit, sinon  sa Grandeur ne se déplace pas, les GJ sont trop peu conscientisés politiquement pour lui.  Pourtant il a agit  en proposant une motion de censure contre le  gouvernement. Impressionnant. Et il l’a mauvaise, lui dont les grandes marées populaires  devant engloutir le gouvernement n’ont été que des vaguelettes à peine perceptibles. Le samedi 8 décembre  il ne s’est pas précipité devant les CRS et les blindés des militaires (les Gendarmes en sont) avec son écharpe de député qui lui confère la sacralité en les haranguant avec un discours hystérique dont il a le secret pour la bonne raison  que Fi était en séminaire à Bordeaux pour préparer les élections Européennes. Il en est sorti vite fait pour annoncer aux journaleux qu’il se tenait toujours prêt à gouverner, car il est l’homme providentiel.  Le ridicule ne tue pas.  Bien que FI soit contre l’Europe des lobbys, il est important de se faire élire dans le parlement fantoche, croupion de la Commission Européenne,  la soupe y est bonne parait il , et puis, ça fait des fonds pour le parti pour “continuer le combat”. Il est probable  que ses effets de manche à l'Assemblée et ceux de ses acolytes et du clown Ruffin  perdront de leur superbe. Mais le vieux briscard Trotskyste  espère bien rafler la mise en cas d’élection législative anticipée, il se voit déjà premier ministre avec une majorité de députés LFI. Mais rien n’est moins sûr, FI a son socle stable de bobo de gauche qu’il peut difficilement  agrandir et il serait étonnant que les GJ lui donnent  leurs voix, car lui aussi il est l’incarnation du politicard, qui vit dans le marigot des partis depuis 30 ans.

Le facteur  révolutionnaire de Neuilly  a bien était absent dans les rues,  on peut pas y être et être sur les plateaux télé à discourir sur la révolution prolétarienne, il faut savoir choisir. Là aussi ses prochaines prise de paroles sur la  lutte des opprimés sonneront encore plus creux que d'habitude.

Mort aussi, SUD ce syndicat très à cheval  sur les acquis sociaux, a dû perdre la boussole car on l’a pas vu dans les rues. Spécialiste des  revendication corporatistes, il n’a pas prit le train en marche, des revendication sociales, certainement  pour ne pas se mêler aux populistes moins conscientisé politiquement  qu’eux...

La CGT quant à elle, elle n’est cité que pour mémoire tellement qu’elle est déjà depuis longtemps déconnecté des luttes sociales, son absence durant ce mois est passé inaperçue signe de son inexistence. Elle appelle à une grande manifestation  le  14 décembre, le gouvernement certainement en tremble d’avance.

Quand au PS et aux autres hamonades (génération.s),  ils sont restés dans le néant qui leur sied si bien. BFMTV a consolidé hélas haut la main sa place de télé la plus con, talonné de près par C8 où l'innommable Hanouma  est parvenu à la chose incroyable de parler politique, signe avancé de la déliquescence de la pensée en France.

La frappadingue Ségolène Royale que l’on croyait déjà morte et enterrée a encore hélas quelques soubresauts, ses commentaires honteux sur l’arrestation des lycéens de Mantes  resteront dans les annales de la médiocrité politique, et on hésite s’ils relèvent d’un refoulement mal traité d’une enfance traumatique avec son père militaire autoritaire, ou bien de son désir de faire des yeux doux à Manu pour entrer au gouvernement, voir y être nommer premier ministre.

Daniel Cohn Bendit, s'est enterré un peu plus avec ses propos pro Macron et anti GJ. On se demande si l’on doit mettre cela que sur le dos de la sénilité. C’est dommage,  il aurait pu s’effacer de nos mémoires tête haute haute, nous laissant le souvenir  joyeux d’un jeune homme joufflu narguant un CRS et non d'un vieux politicard jouant ses dernières cartes.

samedi 15 septembre 2018

Qu’avons nous faits de vos victoires ?
















Ces victoires, ne sont pas celles des troupes Soviétiques et Américaines ni celles des Résistant(e)s, des Partisan(e)s, mais les victoires de ceux et celles qui sont revenues de la géhenne concentrationnaire Nazie. 

Français(e)s, Allemand(e)s, Soviétiques, Tchèques, Norvégien(ne)s, Polonais(e)s, Tziganes, Hollandais(e)s, Espagnol(e)s, Grecs, Italien(ne)s, Suédois(e)s, qui avec mille ruses, milles chances, mille entraides, mille volontés de vivre, milles combats dans les luttes internes pour la survie, ont survécus à l'internement, aux marches de la mort de ce début 1945 où le III Reich s'effrondait mais encore plus dément que jamais, les forçait à un exode vers l’Ouest.

Ô qu'aurais je aimer vous connaître Micheline, Charlotte, Paul, Elie, David, Zalmem, Piotr, Eugen, Primo, Chil, Pierre, Anne-Lise, Ruth, Robert... Vos premiers jours de liberté si longtemps rêvé, désiré, furent le plus souvent  à la fois beaux et plein de désarroi, de désenchantement, car se passant dans le dénuement du no man’s land entre l'abandon des SS et la venue des Soviétiques, pour la plupart d’entre vous, ou des Américains. Désenchantement aussi lors du retour dans vos pays, dans vos familles, chez vos amis. L’impossibilité de transmettre, l’impossibilité d'être compris. Restait le silence, les rencontres entre camarades qui s'espaçaient peu à peu. L'ostracisation de la Société également, "nous aussi ont a souffert sous l'occupation" disaient ils, sans savoir, sans vouloir savoir, ce que vous aviez été au delà de la souffrance, au delà de la mort. Parfois, vous avez mis, 10 ans, 20 ans, 40 ans, 50 ans pour écrire votre témoignage. Moi enfant de l'après guerre, ils me reste que vos mots pour vous parler.

Dans ce monde en décrépitude, presque (à peine ?)  75 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, qu'avons nous fait de vos victoires, de vos retours ? Presque rien. Ou si peu. Il me semble que nous sommes doublement fautif : de vous avoir oubliés ;  d'avoir laissé faire nos gouvernements qui ont détruits le monde pour lequel vos victoires était faites. 

Par nos dérisoires combats de petits bonheurs de progression sociale, de libertés superficielles nous avons abdiqués vos souvenirs. Alors voilà, nous avons construit un présent sans passé et cette maison sans fondation, qui auraient dû être faite de vos victoires, se fissure, s'écroule, s’effrondre. Nous aurions dû revendiquer comme nôtres, vos chemins de souffrance, mais les Beatles, Mais 68, si nécessaire soient ils, clôturaient une époque et la nouvelle qui s'annoncait faite de plaisirs, de jouissances, de présent exacerbé, vous rejetait dans le néant de l’oubli. Au moment où peut être nous aurions eu le plus besoin de vous, nous vous avons effacés de nos mémoires. Qu'avons nous faits de vos victoires ? Bien peu de choses par rapport à ce qu'elles ont représentées pour vous. Alors, entamant  la dernière portion de mon chemin, je veux mettre en image vos mots, qu'ils résonnent de nouveau à nos oreilles, à nos yeux, à nos âmes, comme un chant dernier, pour dire que vos victoires ont existés et qu'un jour elles seront récompensées. Pour que dans les nuits qui viennent, semer votre lumière. 

mardi 11 septembre 2018

AUBE


L'aube féconde entra en moi. M'envahit.
Rugueuse et belle. Froid et douce
Elle me submergea de sa lumière
Moi l'enfant humble et fragile
Je péris presque de ses vagues funestes
Alors endoloris par ses jasmins d'avenir 
Je fus un instant ce que le monde a été
Déporté dans des lieux aux nuits immondes
Moi frêle instant de vie ballotté par la nuit
En haillon grelottant aux vents des rêves gris
Je sentis l'aube hardie me laver
Par ses lumières tenues et tièdes
Moi, souvenir errant dans mes obscurités hurlantes, 
Moi l'homme en haillon, n'ayant que la vie sur les os
J'entendis l'aube se lever au lointain
Enhardis par la lumière naissante
J'osais regarder la nuit bêlante aux monstres passés
Moi l'enfant nu et maigre je naissais de la nuit dévorante
La lune reine du noir blessant
S'effaçait, s'affaissait, vieille et rabougrie
La lune aux souvenirs glaiseux
Fuyait devant mes yeux 
Sur l’eau noire qui me portait
En tumultes féconds je faisais silence
Moi, mots  indistincts, images flétries missionnaires de mes démons
La lumière naissante caressait mes émois indolents
Ma peau pourpre et violente se laissant couvrir  de ses ondes
Mon corps en famine se rassasiait
De ses grains de lumière glanés aux cieux si souvent haïs
Les phares au loin s'éteignaient
Leur lumière ne saignaient plus de ses terres lointaines
Et je fus un instant ce que l'homme ne fut pas
Je rejoignais les passés en dévorant l'avenir qui venait au devant
Esquisse frêle aux bois nacrés
Aux voiles songeuses  je tutoyais la nuit
J' arrachais ses ténèbres, perpétuel fléau, et ses lambeaux d'obscurité 
Maintenant pourrissaient dans les nasses des souvenirs terreux
Moi le lointain, celui qui ne devait pas venir, je portais la lumière à l'horizon
Vous mes âmes oubliées dont, obstiné, je portais le deuil
Vous voilà ce matin libérées de vos supplices 
Et buvant la nuit jusqu'à la lie,  je savourais vos devenir sereins
La lumière étouffa la nuit
L'aube féconde entra en moi. M'envahit.

dimanche 26 août 2018

Bonsoir Zalmen,

















Je vous écris un soir de pleine lune, un lien lumineux unissant nos mots, les vôtres que vous avez écris en 1944 à Auschwitz-Birkenau et les miens écrits à Paris en 2018. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, vous qui faisiez parti des Sonderkommandos, ces Juifs chargés de la mécanique de la mort (chambre à gaz, crématoire). J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, que vous avez  cachés dans la terre d’Auschwitz-Birkenau avant la révolte du 7 octobre 1944 des Sonderkommados dont vous étiez un des chefs. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, vous qui avant guerre avait eu quelques velléités d’écriture, qui n’avaient pas été reconnues, il vous faudra que vous soyez dans le coeur de l’enfer pour que votre écriture éclate de ses merveilles. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, où votre écriture poétique va transcrire la mise à mort et cette poésie ne va pas altérer l’horreur, mais la rendre encore plus présente que son présent que vous avez vécu. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, votre écriture forte, belle m’a ému jusqu'au fond de mon âme. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, je veux mettre en image quelques uns de vos textes, pour vous rendre hommage, pour transmettre ce que vous avez voulu nous transmettre. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits pour être une résurgence du souvenir, même si celui çi a peu apporté au Monde, il nous faut toujours combattre l’ombre menaçant votre lumière. J’ai lu vos écrits, vos manuscrits, dans un de vos textes, la nuit de pleine  lune, vous vous demandiez comment une si parfaite beauté pouvait illuminer le champs de mort où vous étiez, comment une si parfait beauté pouvait exister alors que tout un peuple disparaissait dans le silence du monde. Dans votre nuit infinie, dormez doux Zalmen, vous et les vôtres, je ferai voir vos mots.

Au coeur de l’enfer de Zalmen Gradowski aux éditions Kimé.

vendredi 20 avril 2018

La double absence












J’ai repris le manuscrit du texte que j’avais commencé à écrire sur les mains de ma mère quand elle commença sa période de fin de vie. C’était il y a deux ans.  A sa mort, je l’avais laissé en jachère, devant l’impossibilité de le continuer, devant la douleur de l’antagonisme de son absence et de sa présence dans les mots et les images. Reprendre l’écrit. Reprendre la vision des photographies de ses mains. Finir ce travail d’écriture, pour moi. Pour elle. Mais ma volonté butait encore sur la douleur de la réminiscence. L’oubli était doux, il s’était arrêté sur un de ses sourires. Alors pour mettre mon corps et mon esprit à l’unisson de cette absence, j’ai décidé de faire un jeûne de 10 jours. Deux absences ont cohabitées en moi, celle de ma mère et celle de la nourriture. Ces deux absences se sont annihilées l’un l’autre en quelque sorte, ainsi délivré de mes attaches humaines, j’ai pu écrire de nouveau.

vendredi 13 avril 2018

Le jeûne

Le corps est en jachère. Le corps est en silence. Le corps est en écoute, il rentre en résonance avec le temps, avec l’espace. Sensation d’habiter pleinement son corps, que son corps soit pleinement dans l’espace qui l’entoure. Qu’il retrouve sa juste place, sa densité première. Il n’est plus chair, il est être. Sensation d’habiter mon corps et que mon corps m’habite. Se construit, ou réapparaît serait plus juste, une continuité oubliée entre le corps et l’espace, l’un n’est plus étranger à l’autre. L’unicité renaît. La dissociation s'estompe, celle entre corps et esprit mais aussi entre intérieur et extérieur. Mon corps s'intègre dans l'espace, il est l’espace où il se meut, pense. La discontinuité du temps elle aussi s’efface peu à peu. Le temps est unitaire, simple entité, plus sphérique que linéaire. Le temps se propage, et le corps est à l’unisson de ce mouvement. Le temps ne passe plus, il s’écoule. Il s’écoute. 
Cohabitation joyeuse, apaisée et sereine entre temps et espace. Le corps au repos, mon attention se développe dans l’extérieur, les matières acquièrent une densité, une présence nouvelle. Je perçois ce qui m’était caché : un brin de lumière sur le mur, l’arrondi d’un livre, un reflet dans la fenêtre, le pli sur la main. Ma vision devient plus sensorielle que visuelle, une perception à la fois fragmentaire et globale des éléments de mon espace, mes sens sont un zoom qui m’offre, selon mon désir, une vision large ou restreint des choses, de l’espace, du temps. Retour à la granularité de la réalité, au plaisir de l’atome, mais perçue et accepté dans son entièreté.

vendredi 6 avril 2018

Le passé perd sa lumière

Quand j’ai commencé à m’intéresser au Front de l’Est, il y a bientôt 2 ans et demi, j’ai démarré par un symbole, Stalingrad. Là sur la Volga, le 2 février 1943, la VI armée Allemande se rendait, les sacrifices Soviétiques depuis le début de l’invasion Nazie en juin 1941 n’avaient pas été vains. Puis à partir de ce point  j’ai déroulé l’Histoire jusqu’à la défaite Nazie, et surtout j’ai remonté le temps pour appréhender la naissance du Nazisme depuis 1920. Je voulais me constituer une vision globale, cohérente, synthétique, presque exhaustive de cette période, notre époque se satisfaisant de fragments, de simplifications propices au mensonge. Dans cette exploration, j’ai découvert que l’Histoire s’offre en strate, qui apporte chacune son lot de vérités, d’approximations, de parti-pris, d'analyses. Il y a d’abord les livres écrits à cette époque (Le Livre Brun, Appel du Peuple Allemand, les Soldats du Marais…), qui bien mieux que la colorisation des photographies et films N&B, nous projettent dans le présent du passé. Juste après guerre (45/50), Stalingrad brille encore,  la Victoire Soviétique sur le Nazisme est un fait incontournable. Puis viennent les années 60/80, (Le jour le plus long en 1962, la série documentaire “Le monde en guerre” de la BBC en  1974) où la doxa historique Franco Anglo Américaine impose son discours falsificateur, qui perdure hélas encore majoritairement . Les années 1990 /2000 verront des retours à la vérité qui seront rendus inaudibles par une Société aveugle au passé, jouisseuse d’un présent,  qui comme la culture hors sol, n’a pas de racines. 

Dans ces strates, des plus anciennes au plus récentes, l’Histoire perd en émotion, devient plus analytique, de mémoire elle devient science, l’humain semble se diluer dans le temps, l’écrit devient plus rigide, le passé perd sa lumière.

Je me suis aussi aperçu, moi même, ayant été longtemps imprégné par mon milieu familial  par la doxa historique,  que chaque faits de cette période exposée au travers de ce prisme déformant  n’est que la partie  émergée de l’iceberg, et que pour se former une connaissance il faut appréhender la partie immergée de l’iceberg.  Chercher, croiser, analyser les points de vues,  extirper les informations,  lire, relire, disséquer les  faits ; un travail lent de médecin légiste, autopsiant le cadavre du passé, y recherchant des indices pour expliquer sa vie et sa mort. 
Peu à peu, petite touche par petit touche, lentement,  se construit en moi une perception historique, dans laquelle je vais puiser pour écrire EST et aussi un livre (car tant de choses sont à dire). Même si ce  travail d’introspection dans ce passé me laisse triste et dubitatif quant à la capacité de l’Homme à créer le bien, je souhaite apporter ma modeste contribution à ce que fut le Front de l’Est, moins pour ceux qui verront le film ou liront le livre,  (en m'éloignant des débats stériles…)  que pour ceux et celles qui sont morts deux fois, dans la vie et dans le souvenir.


jeudi 1 février 2018

A côté de toi, Stalingrad















En 1943 Pablo Neruda t’avais dédié un poème,
Un nouveau chant d’amour à Stalingrad,
Pour célébrer ta victoire, tes sacrifices.
75 ans après je prends la plume
Pour te dire tout l’amour que j’ai pour toi
Pour tes Combattantes et tes Combattants
La lumière que tu nous as donné.

Pour certains tu es oublié, 
Pour certains, pire encore, tu es inconnue,
Pour certains tu es méprisé, 
Pour certains tu es dédaigné au profit du 6 juin
Mais toi la ville sur la Volga, mais toi la ville sur la Steppe
De tes mains tu as encerclé les Nazis
Et tu n’as pas relâché ton emprise jusqu’au jour si beau
Où, pour la première fois de la guerre, ils ont été vaincus

Tu étais seule Stalingrad cet hiver 1942
Les Alliés espéraient secrètement ta mort
Pour que 1917 soit effacé et remplacé par 1933
Tu étais seule Stalingrad cet hiver 1942
A lutter, à vouloir vivre coûte que coûte
Tu étais seule Stalingrad cet hiver 1942
Et pourtant dans les lointains on murmurait ton nom
Et ta Volga, combien d’âmes jeunes et belles
A-t-elle enveloppé dans son linceul ?

Toi la ville qui porte le nom de Staline
Je ne suis pas dupe de cet hommage
C’est toi la ville que j’honore dans ma mémoire
C’est toi la ville que je porte dans mon cœur
Tu blanchis les ténèbres, comme une éternelle lueur.

Ta terre dont tu étais le confins, a connu le génocide, l’extermination
Ta terre dont tu étais le confins, sera à la fin de la guerre
L’humble sépulture pour les 13 millions de morts civils, les 8 millions de morts militaires
Le million et demi de Juifs assassinés dans la Shoah par balle,

Ta terre dont tu étais le confins, rougie par le sang des batailles, des massacres, du génocide
En 1945 tes Alliés n’en n’auront aucun respect, 
Eux qui n’ont pas connus chez eux l’outrage des Nazis
Leurs volontés de détruire, d’exterminer, d’anéantir un peuple, une culture, un pays
S’empresseront de bâtir une nouvelle Allemagne à leur image
Et toi, pauvre terre de combats, de résistances, de sacrifices
Ce seront les pleurs des survivants et les simples pensées 
De ceux qui avaient espéré en toi, qui te feront renaître.

Pour plus d’un, cet hommage paraîtra désuet
Pour plus d’un, cet hommage paraitra suspect
Mais Stalingrad comment t’oublier sans renier l’Histoire ?
Et si les Hommes ne tirent pas de leçons du passé
Laisse-moi, Stalingrad, poser ma joue sur ton épaule
Celle du souvenir,
Laisse-moi, Stalingrad, poser un baiser sur ton front,
Celui des sacrifices,
Laisse-moi, Stalingrad, caresser tes mains
Celles qui ont donné la victoire,
Laisse-moi, Stalingrad, essuyer tes larmes
Celles amères de l’oubli,

Et quand je mourrai, moi le lointain enfant d’Odessa,
J’aimerai poser mon âme, sur ta terre, ton silence, ta lumière
Pour que je reste encore à côté de toi, Stalingrad.

mercredi 3 janvier 2018

Un sombre film


Le film « Les heures sombres » sur W.Churchill relève plus de la biopic hollywoodienne, de l’hagiographie pour « prime time » que d’un regard Historique sur une époque. Il s’inscrit dans la continuité de la falsification de l’Histoire, par la réécriture Anglo-Americano-Française de la réalité de la Seconde Guerre Mondiale.
W.Churchill est avant tout un anti communiste compulsif et obsessionnel, s’il remplace les Chamberlain et les Halifax, il ne vaut pas mieux que ces deux là. Il ne combat pas le Nazisme à proprement parlé, mais le Nazisme qui pourrait être contre les intérêts de l’Empire Britannique, pas celui qui va lutter contre les « Judeo Bolchéviques « de l’URSS, et comme toutes les bourgeoisies occidentales, celle du Royaume Unis espère que Hitler va éradiquer le Communisme en Europe.

Hitler en veut au Royaume Unis non pas en tant que Nation mais parce elle repousse ses offres de combat commun contre le Communisme et l’URSS. Pour l’Hitler, le deux ennemis sont l’URSS et les Juifs, son seul objectif de guerre est de coloniser l’Est avec comme conséquence l'extermination des Slaves et le Génocide des Juifs. Cette guerre à l'Est, il en exprime le fondement dès 1925 dans Mein Kampf, et le redira d’une manière explicite à Carl J Burckhardt le Haut Commissaire de la Société des Nations à Dantzig, lors d’une entrevue le 11 août 1939.

La guerre contre l’Angleterre est une guerre de punition pas de conquête, ni d’extermination, ni une colonisation génocidaire comme celle du Front de l’Est, et les pertes militaires et civiles sont sans commune mesure; ( Ex : Bataille d’Angleterre 400 morts militaires Britanniques ; 25.000 morts civils / Pour la seule bataille de Stalingrad : 400.000 morts militaires Soviétiques ; 50.000 morts civils)
W.Churchill fera tout pour ne pas aider les Soviétiques dans leur lutte contre le Nazisme, préférant une stratégie protégeant les intérêts Britanniques en Méditerranée et au Moyen Orient, retardant le plus possible un débarquement en Europe dans l’éventualité d’un soubresaut de la Wehrmacht face à l’Armée Rouge. Pourtant le Royaume Unis sera le premier récipiendaire de l’aide Américaine (Lend Lease / Prêt Bail) et recevra 3 fois plus d’aide que les Soviétiques.

En mars 1945, il appuie l’opération « Crossword » favorisant une reddition partielle du Front d’Italie, négociations engagées par Himmler et le General SS Wolf pour une paix séparée, (contrairement aux accords de Téhéran de fin décembre 1943) : arrêt des combats à l’Ouest et continuation de la guerre à l’Est avec une participation des alliées bienvenue pour combattre l’URSS. En temps de guerre cela s’appelle entente avec l’ennemi, et c’est passible de la peine de mort.
Il autorise des ouvertures de lignes pour laisser passer des troupes allemandes au lieu de les laisser se faire prisonnier par les Soviétiques ; il tarde à faire désarmer les troupes Allemandes qui se rendent, car il a le dessin de faire un renversement d’alliance, un front commun Nazi / Alliés contre les Soviétiques, une vision existante aussi chez les Officiers Nazis, les Pattons, les Clays et autres Truman. Il demandera à son état major un plan de Bataille ( Operation « Unthinkable «) pour lancer une offensive contre les Soviétiques en Aout 1945.

Il appuiera la collaboration avec le gouvernement fantoche de Flensbourg de Dönitz, fricotant ainsi avec les Officiers Nazis « acceptables » jusqu’à les Soviétiques mettent fin à cette collaboration criminelle avec les Nazis à la fin mai 1945.

Il ne reconnaîtra jamais les sacrifices Soviétiques (13 millions de morts civils, un pays dévasté et traumatisé, 8 millions de morts militaires) qui sont les vrais vainqueurs du Nazisme en Europe, et au contraire il fera tout pour minimiser la portée primordiale des Soviétiques dans la Victoire. W.Churchill un grand Homme, tellement aimé par ses concitoyens qu’aux élections législatives de Juillet 1945, il est débarqué de son poste de Premier Ministre, il la commencé le traité de Postdam, il ne pourra pas le signer.

L’accroche du film « La volonté d’un homme va changer le destin de l’Europe » est un mensonge éhonté, un crachat sur l’Histoire et sa réalité, sur les sacrifices Soviétiques, car ce sont eux qui ont changés le destin de l’Europe, par W.Churchill, ce personnage fourbe et manipulateur qui par son intransigeance et son anti communisme viscéral, à participer en fin de compte à la construction du Rideau de Fer en Europe.

lundi 20 novembre 2017

En chacun de nous il y a Stalingrad


Le jeudi matin 19 novembre 1942, il y a 75 ans, les Soviétiques lançaient une opération militaire, téméraire voire insensée : encercler la 6 ème Armée Allemande à Stalingrad, qui depuis Juillet 1942 tendait de prendre la ville. Ce jeudi là, les Soviétiques ne conservaient plus que 10% de la ville en 3 ilots discontinus, dos à la Volga. Mais, depuis mi septembre, ils avaient massés 1 million d’hommes au Sud et au Nord de la ville. L’encerclement sera effectif le 23 Novembre, les branches Sud et Nord se rejoignaient à Kalatch, à 80 kms à l’Ouest de Stalingrad, y enfermant 300.000 soldats Allemands. Le 2 février 1943, les derniers nids de résistance Allemands se rendaient et le reste de la 6ème ème Armée Allemande, 90.000 hommes, partait en captivité. « Stalingrad, fut le signal de l’avenir » comme l’a si bien écrit Vassili Grossman, cela fut effectivement un tournant majeur de la Seconde Guerre Mondiale, la Wehrmacht avait pour la première fois reculé devant Moscou en décembre 1941, mais à Stalingrad c’était son anéantissement qui était programmé, le coup de grâce sera donné à Koursk en juillet 1943, la Wehrmacht perdant alors toute capacité offensive, et à partir du 21 juin 1944 elle sera écrasée et repoussée, jusqu’à Berlin en mai 1945.
Ce sont les Soviétiques et eux seuls qui ont portés l’estocade au Nazisme, l’aide Américaine (Le lend lease) sera réellement effective qu’à partir de Juillet 1943, les USA ayant fait le partage du travail : aux Etats Unis les armes, aux Soviétiques les morts. Rien qu’à Stalingrad c’est 400.000 morts militaires Soviétiques et 43.000 civils tués lors du bombardement du 23 aout 1943…A titre de comparaison les Anglais auront pour l’ensemble de la guerre 384.000 pertes militaires et 67.000 civils et les Américains 150.000 pertes sur le théâtre Européen et 1700 civils et les Soviétiques, au total,
8 millions de morts militaires et 13 millions de mort civils. Les chiffres ne sont pas arguments, mais ils donnent l’échelle humaine du sacrifice et montre la violence extrême de la guerre d’extermination menés par les Nazis contre l’URSS.
Alors que la victoire de Stalingrad et le Front de l’Est, ont été les fondements de la défaite du Nazisme et donc sont constitutifs indiscutablement de la liberté retrouvée en 1945, ils sont dans les consciences, le souvenir, Occidental oubliés, voir méprisés. Les Européens en général, et les Français en particuliers, idolâtrant le débarquement Anglo-Américain de Juin 1944, voyant en lui la libération de l’Europe alors qu’il n’eu lieu que pour des raisons idéologiques, non pas pour vaincre les Nazis mais pour s’opposer aux Soviétiques, et le chemin vers Berlin des Anglo-Américains fut rendu facile, et moins douloureux du fait que 150 divisions Allemands combattaient à l’Est et seulement 30 à l’Ouest et à partir de janvier 1945, les troupes Allemandes se rendaient en nombre pour ne pas être fait prisonnières par les Soviétiques. (Sans parler que les Anglo-Americans et au premier chef, W. Churchill, cet anti communiste compulsif et obsessionnel, favoriseront les redditions partielles imaginant, comme les Allemands, un renversement d’alliance, pour une lutte commune contre les Soviétiques.)
Mais les faits Historiques sont là ; mais les faits historiques sont têtus ; mais les faits historiques sont solidement établis ; mais les faits historiques sont bien documentés : ce sont les Soviétiques qui ont vaincus le Nazisme et qui nous ont libérés de cette obscurité terrifiante. Ce n’est pas d’être pro-Stalinien que de dire et penser cela, ni de nier la terreur Stalinienne, c’est simplement de rende justice, de rendre hommage, à ces hommes et à ces femmes Soviétiques qui à Stalingrad se sont sacrifiés pour nous. C’est entendre en nous les « Hourrah » de ce 19 novembre poussés par les milliers de soldats montant à l’assaut. Ces hommes et ces femmes se battaient contre le Nazisme mais aussi espéraient que leurs sacrifices puissent ouvrir une nouvelle ère pour leur patrie.
C’est s’incliner devant leur âmes, leur rendre hommage, chaque 19 Novembre et 2 Février en les évoquant par des mots ou du moins en pensée. Ils ne peuvent pas être oublié, ni leur rôle minimisé, voire mésestimé, par une réécriture mensongère de l’Histoire faite par les Anglo-Américains qui est devenu la doxa de la culture historique d’après guerre. Ce sont eux qui ont écrits l’Histoire et la notre en tant qu’individus. En chacun de nous il y a Stalingrad, nous nous devons de le vivre ainsi.
Mon long métrage EST évoquera Stalingrad et le Front de l’Est, si vous souhaitez suivre ou aider se projet à se réaliser, retrouvons sur la page qui est consacré à ce film.
https://www.facebook.com/ESTLEFILM

mercredi 30 août 2017

Eloge du plan fixe

Le plan fixe enracine le regard dans le désir d’écrire. Il a la force du sens. C’est un point de vue, une proposition, un parti pris. A contrario, les images mouvantes, bougeantes ad nauseam (slider, steadycam, GoPro et autres drones….), ne sont qu’une accumulation, une juxtaposition de visions, une logorrhée visuelle refusant un possible, se complaisant dans le déni de montrer, de s'engager. Le véritable travelling est la sagesse du mouvement, il accompagne le regard, il est l’expression d’un désir, il est l’écriture d’un plan fixe se développant, se déroulant dans l’espace, parcourant le paysage de la narration.  Le plan fixe c’est le mouvement de la main qui écrit.

mercredi 23 août 2017

Stalingrad, un dimanche d’été




Il y a 75 ans, le dimanche 23 aout 1942, la VIème Armée de Paulus étant aux portes de Stalingrad, la ville est bombardée par la Luftwaffe : 1600 sorties, 1000 tonnes de bombes sont larguées avant l’offensive proprement dite. 80 % de la ville est rasée. 40.000 morts civils. Guernica n’était qu’un entrainement. Ce bombardement n’a pas de place dans la mémoire, le souvenir. Il est effacé comme les murs des maisons de Stalingrad. Il faudrait des nouveaux Picasso pour raviver ce souvenir, honorer ces 40.000 victimes. 

En détruisant la ville, les Nazis ont construit sans le savoir leur tombeau, dans ces ruines les Soviétiques vont mener une guérilla urbaine, où chaque maison éventrée, chaque lambeau de mur seront autant de batailles à livrer pour conquérir la ville. L’Armée de Paulus va s’épuiser physiquement et moralement dans ces combats, et quand bien même les pertes Soviétiques s’élèvent à 300.000 morts, qu’en octobre Paulus occupe 90% de la ville, Stalingrad résiste, s’arc-boute aux rives de la Volga, s'accroche à sa steppe aux paysages infinis.

L’aube du jeudi 19 novembre 1942 apportera la récompense à ces sacrifices. L’Armée Rouge lance son opération Uranus. Le 23 Novembre, les 300.000 hommes de Paulus sont encerclés. Dans deux mois et demi, les 90.000 survivants se rendront aux Soviétiques. Ça sera la première défaite de la Wehrmacht depuis 1939, « le signal de l’avenir » comme l’a écrit Vassili Grossman.

mercredi 5 juillet 2017

A l’Est, notre lumière.

Il y a 74 ans, le 5 juillet 1943, la Wehrmacht lançait l’opération Citadelle pour réduire l’immense saillant de Koursk. Le 2 février de cette même année, la 6 ème Armée de Paulus s’était rendue, à Stalingrad, à l’Armée Rouge. C’était la première fois de la guerre les Allemands étaient vaincus. Vassili Grossman a écrit que Stalingrad fut le signal de l’avenir. La Bataille de Koursk est à l’instar des batailles du front de l’Est, démesurée, titanesque : la Wehrmacht regroupe 900.000 hommes, 10.000 canons, 2000 avions, 2700 chars, les Soviétiques y opposent 1,9 millions d’hommes, 20.000 canons , 4900 chars, 2700 avions..… La Wehrmacht se heurte à une défense Soviétique bien organisée, opiniâtre, combative. Le 23 aout la bataille cesse sur une défaite Allemande, le saillant n’est pas réduit et l’Armée Rouge a repris deux villes importantes Orel et Kharkov. Ca sera la dernière offensive Allemande, à partir d'août 1943 face à la poussée Soviétique, la Wehrmacht ira de retraite, en défaite, le coup de grâce sera donné le 22 juin 1944 par l’offensive Soviétique Bagration, qui conduira les Soviétiques jusqu’à Berlin. Après Moscou en décembre 1941, Stalingrad en février 1943, Koursk change le cours de l’histoire, l’Allemagne est vaincue militairement car humainement et matériellement elle ne peut plus lancer d’offensive. Il faudra encore 1 an et 1/2 pour la vaincre au prix de sacrifices Soviétiques tout aussi démesurés que les batailles. Ces âmes soviétiques, ne les oublions pas, gardons les dans nos mémoires, ce sont elles qui ont effacés les ténèbres Nazies, et qui nous ont apportés la lumière qui encore aujourd’hui, bon gré, malgré, nous éclaire.

mercredi 21 juin 2017

22 Juin 1944, la victoire se lève à l’Est



Il y a 73 ans, le 22 juin 1944 commençait l’opération Bagration, la grande offensive Soviétique qui allait les amener à Berlin en mai 1945 : 1000kms de front, 2,3 millions d’hommes engagés , 6500 chars, en 15 jours 30 divisions Allemandes sont anéantis, 600.000 morts…C'est l'opération militaire la plus importante de 1944 loin devant celle du Débarquement en Normandie. En Juin 1944, l’enjeu de la guerre, la défaite des Nazis, se jouait à L’Est pas à l’Ouest…Les Américains n’ont pas débarqués pour libérer l’Europe ils ont débarqués pour ne pas laisser la victoire aux Soviétiques… Faisant fi des sacrifices Soviétiques les Anglo-Américians on fait de l’Allemagne leur alliée dès mai 1945, sans une dénazification en profondeur de la société Allemande et bien au contraire les officiers de la Wehrmacht, les cadres de la SS qui agissaient dans les ministères se sont retrouvés aux commandes de la RFA sous la houlette protectrice des Américains. Le Plan Marshall de 1947, parachèvera cette stratégie faisant couler les milliards de dollar (équivalent à 130 Millards d’Euros) au prix d’une annexion économique et sociale au modèle Américain. Libérer la France était le cadet des soucis des Anglo Américains, au contraire ils voulaient imposer un protectorat sur la France, un AMGOT ( Allied Military Government of Occupied Territories), les billets de la monnaie de ce protectorat étaient déjà imprimés et convoyés par bateau dès le 6 juin…Et ce n’est que grâce à la hargne, la foi, la force, le courage de De Gaulle, agissant contre Churchill et Roosevelt, qui a réussi à imposer un gouvernement de la France Libre. Il est temps de rendre hommage aux Soviétiques civils et militaires qui ont été les vrais vainqueurs oubliés de cette guerre. C’est eux qui nous ont sortis des ténèbres du Nazisme, au prix de sacrifices effarants : 8 millions de soldats Soviétiques et 13 millions de civils Soviétiques ont péris dans la guerre d’extermination, la colonisation génocidaire menées par les Nazis contre l’URSS. L’après guerre aurait été certainement tout autre, si les Américains auraient reconnus et respectés les sacrifices Soviétiques, au lieu d’en faire leur nouvel ennemi et l’Allemagne, encore Nazie, leur nouvel allié. (A titre de comparaison les Américains ont eu 150.000 pertes en Europe et autant dans le Pacifique)

lundi 15 mai 2017

La nourriture du regard


















Pour l’industrie agro alimentaire et son complément la grande distribution, la nourriture doit se plier à la nécessité des profits et donc aux impératifs de production nécessaires pour générer le maximum de marge, l’aspect nutritif disparaissant devant celui de produit. 
Au delà des méfaits écologiques et sanitaires que ces produits apportent, de la perte du goût des aliments, ils désacralisent la nourriture, en la rendant uniforme visuellement : �les carottes sont oranges et droites, les tomates sont rouges et rondes, les pommes jaunes et calibrées par rapport aux taille des palettes utilisées dans les transports, les salades coupées et empaquetées, la nourriture est moche avant d’être mauvaise… 
Mais depuis le mois de mars, chez Boutiques Terroirs d'Avenir rue Jean Pierre Timbaud, j’ai renoué, comme étant enfant faisant les courses avec ma mère, avec le plaisir, l’étonnement devant des textures bigarrées des feuilles, des formes biscornues, des imperfections et des irrégularités des couleurs, des légumes peu connus… Le plaisir est déjà visuel avant d’être gustatif, c’est déjà beau avant d’être bon ! et puis on parle avec les vendeurs et les vendeuses, on n’est pas claquemuré dans l’absence bruyant des supermarchés.. La nourriture c’est aussi les mots et le regard …

lundi 8 mai 2017

Les grands hommes et les hommes ordinaires



Voila 72 ans le 9 mai 1945 à 1H01 heure de Moscou (8 mai 23H01 heure de Berlin) entrait en vigueur la Capitulation de l’Allemande Nazi . A partir de cette date, l’Allemagne n’était plus l’ennemi des Anglo-Américains mais son alliée face aux Soviétiques et démarrait le storry telling de la réécriture de l’Histoire : grâce aux Anglo-Americains l’Allemagne était vaincue et l’Europe Libérée.
Le Front de l’Est disparaissait de l’Histoire ainsi que ces 13 millions de morts civils Soviétiques et ces 8 millions de morts militaires, et un territoire, de la Vistule à la Volga, transformée en terre brûlée. 
Naissait aussi les légendes ; Winston Churchill en était une : l’homme qui a tenu tête à l’Allemagne avec son flemme Britannique et son éternel cigare, un grand démocrate pourfendeur du fascisme. Nonobstant que l’Empire Britannique dont il était le Premier Ministre ne brillait pas particulièrement par sa démocratie, cet homme avait 2 ennemis : l’Allemagne et l’URSS.
Déjà en 1940, avant la déconfiture Française, il avait envisagé avec les Français d’attaquer (rien que cela !) l’URSS (Intervention au Nord lors de la guerre Russo-Finlandais, intervention au Sud en bombardant les champs Pétrolier de Bakou, depuis le nord de l’Irak) et au début 1945, planifia une guerre contre l’URSS (opération Unthinkable) qui devrait se déclencher en juillet 1945, avec l’aide des divisons Allemandes qui s’étaient rendues aux Anglo-Américains mais qui n’étaient pas démilitarisée, au cas ou..… 
Donc, l’invasion Nazie de l’URSS en juin 1941 était vu presque comme une aubaine, une fois la menace Soviétique éradiquée par les Nazis, des négociations pourraient être mené avec le IIIème Reich…Quand la victoire Russe advint à Stalingrad en février 1943, suivit en Juillet de la victoire à Koursk et que l’Armée Rouge commença sa marche de reconquête de son territoire en visant Berlin, pour Winston Churchill le second front, tant attendu par les Soviétiques depuis 1941, devint une priorité, moins pour libérer l’Europe, que pour ne pas laisser la victoire complète à l’URSS. Alors en 1945, les sacrifices humains des Soviétiques n’ont pas peser lourd dans la balance pour faire passer l’Allemagne encore Nazie d’ennemi à alliée. Ainsi sont les grands hommes.
SI Churchill avait 2 ennemis, le Soldat Soviétique, avait aussi deux ennemis : le Nazisme et le Stalinisme. Il se battait contre le premier en espérant que ces sacrifices puissent amener à la libération, une autre forme de Socialisme, sans terreur. Staline alla dans ce sens tant qu’il avait besoin de cette énergie, mais hélas en 1945, peu de choses évoluèrent, et les convois vers Magadan étaient remplis de Soldats fait prisonniers par les Allemands et qui avaient survécus. Ils avaient vaincus les Nazis, libérés l’Europe, mais pas leur propre pays. Ainsi sont les hommes ordinaires.
Alors en ce jour de souvenir, que ces hommes et ces femmes ordinaires sachent, dans leurs lointains, qu’ils ne sont pas oubliés.

dimanche 19 mars 2017

Cadrer c’est écrire

Découverte du film « Chemin de croix » de Dietrich Bruggeman ; au delà de l’histoire, la quête d’absolu d’une adolescente élevée dans une famille catholique intégriste, servie par une interprétation sidérante de la comédienne Lea van Acken qui joue le rôle de cette adolescence, c’est la forme qui m’a troublé. 

Le film est structuré en 14  séquences, rappelant les 14 étapes du Chemin de croix. Chaque séquence est un plan fixe, filmée en CinémaScope 2:35, qui fait de chaque séquence autant de tableaux. Cette fixité, cette simplicité donne une image puissante, profonde. Elles donnent un cadre, un territoire aux mots, au sens, aux émotions pour qu’elles puissent y naître et s’épanouir au regard. Cadrer ce n’est pas poser la caméra, c’est se poser des questions. Cadrer ce n’est pas seulement voir une image, c’est aussi l’écouter, la ressentir. Cadrer c’est écrire.