vendredi 13 mai 2016
Sola imago (par l'image seule)
samedi 31 août 2013
De la séparation au cinéma
jeudi 31 mai 2012
Cinéma instantané
dimanche 27 mai 2012
Nuit et Brouillard
Je traverse une phase (rare, belle et cruelle mais aussi jouissive) de réelle écriture automatique, où le conscient abjure sa résistante par fragment, par instant, par absence, à l'inconscient et les mots s'écrivent sans leur gangue d'intelligibilité, matière brut de sens, à la fois obscur et lumineux, lointain et proche, étrange et banal.
Lors d'une écriture, N&N (Nach und Nebel / Nuit et Brouillard) s'est inscrit à la place de N&B. N&N était le nom de la directive Allemande concernant le traitement des résistant(e)s en pays occupė, elle stipulait :
« A. Les prisonniers disparaîtront sans laisser de trace.
B. Aucune information ne sera donnée sur leur lieu de détention ou sur leur sort.»
La disparition. L'effacement. La perte. Comme si mon désir de noir et blanc était un appel du passė, une résurgence d'autres vies, où infiniment sensible, je le vivais comme l'écho de cette perte. Ou alors la disparition de la couleur, dans la nuit et le brouillard du sens, comme seul possible d'une image porteuse de sensation.
dimanche 22 avril 2012
N'être que lumière
Peintre en cinéma
Bien sûr il faut voir ce que donne cette camera (bruit, mise au point, aide à l’exposition, ergonomie, workflow......) mais le fait qu'elle soit associée par essence à un logiciel d'étalonnage est le signe de la compréhension du cycle de l'image, ( tout en étant lucide que chez Black Magic Design ce ne sont pas des philanthropes...), de la compréhension que l'image numérique intègre les approches, les compétences, que l'image numérique est un ensemble indissociable Captation/Etalonnage. L'image numérique est une. Il y a de la peinture dans cette approche.
Ce nouvel outil me convient car il matérialise une philosophie, contient une proposition au contraire de Canon qui matérialise qu’une étude de marché, vide de vision. Dans le monde de l'image Black Magic Design est l'Apple et Canon le Microsoft, avec le même impact sur la création. Et les créateurs/créatrices.
vendredi 9 mars 2012
De l'esthétisme du pignon fixe

Voyant ces cyclistes urbain pédalant sur leur "fixie" (vélo à pignon fixe comme ceux des pistars) à gros braquet, je me disais que cette ascèse de l'effort, tant mécanique qu'esthétique (beauté simple de ces vélos dépouillés de tout superflu y compris de freins !), était une forme d'écho sémantique et d'engagement esthétique identique à celui de filmer avec un objectif fixe, de préférence un 35 mmn.
Le zoom c'est le dérailleur de la photographie. Objectif tout terrain / toute vues mais sans regard. L'objectif fixe, comme le pignon fixe, c'est une vision, un engagement, une esthétisme particulière. Une écriture. Dans un cas visuelle, dans l'autre corporelle. Une démarche où l'on propose une vision du monde, et non un monde nous imposant une vision. Un choix.
dimanche 26 février 2012
Le cinéma immobile

La Grande vadrouille, Bienvenue chez les t'chi, The Artist, Intouchables, comme disent les journaleux, le cinéma français se porte bien. A pleurer.
Le cinéma, c'est a dire le nombre d'entrées, se porte bien, mais la créativité, l'image, (rendons justice au beau travail du chef opérateur de The Artist, Guillaume Schiffman ), la recherche, le complexe, qui s'en préoccupe ? C’est le cinéma marchandise, le cinéma TF1 qui assène ses (anciens) records d’audimat comme seul justificatif de la qualité de ses émissions. C'est le cinéma immobile.
Petit milieu clanique du cinéma commercial français et international qui s'auto congratule, s'auto promeut dans une sorte d’inceste perpétuel qui amène la dégénérescence intellectuelle car dire que The Artist est le meilleur film n’est ce pas là un signe annonciateur de la défaillance du sens ?
Ou bien ceux qui sacrent Omar Sy meilleur acteur l’auraient il fait si Intouchable n'avait pas fait 19 millions d’entrées ? Leurs critiques sont dénués de sens, et montrent leur propre incompétence, pour une même prestation d'acteur (encore faut il penser qu’il joue bien) dans un film a 50.000 entrées l'auraient ils, ne serait ce que repéré ?
Les Césars, les Oscars, le Festival de Cannes, nous traversons la période annuelle du deuil de l'image. Faut il perdre son temps à enculer ce cinéma français là comme l'énonce Mathieu Kassovitz ?
Non, il nous faut continuer à avancer, à créer, à imaginer, à désirer, à partager, à échanger, à construire, à diffuser, à expérimenter autrement, dans une alternative non pas naïve mais juste et forte, belle et émouvante.
L'indicible analogique

Tombant par hasard sur les photographies d'Anders Petersen "Café Lehmitz, 1967-1970", un café de Hambourg lieu de rencontre de prostituées, junkies, marginaux....
Certainement prises au Leica. Certainement prises avec du Tri X. Ces photographies ont une densité de vie sur ces visages burinés par le malheur, une sorte de patine, un rendu particulier de la pellicule qui fait sens. Il y a le regard du photographe. Il y a l'objectif Summicron. Il y a le rendu de la Tri X. Trilogie sainte du sens et qui dégage une humanité profonde, prenante.Troublante.
En regardant ces photos un doute m'envahit. Je ne sais pas si aujourd'hui, avec un Canon 1DX ou une Alexa nous pourrions capter cette densité, cette matière, cette abstraction de vie que l'électronique ne sait pas capter ou traiter. Et que tous les plateformes d'étalonnage ne savent pas simuler, leurs algorithmes étant aveugle à l'imperfection.
Nous sommes peut être rentré dans un monde d'illusion où l'indicible est lissé. Entre les pixels de nos images, il y a l'absence.
lundi 23 janvier 2012
R.I.P Johannes Gutenberg
Apple vient de mettre à disposition "iBooks Author", pour créer des livres électroniques interactifs, avec comme cible plus ou moins visée : les professeur de l'éducation nationale.
<< Rewind de 25 Ans...
En 1987, Apple sortait Hypercard le premier environnement de développement informatique orienté objet et interactif avec son langage Hypertalk. On pouvait developer des piles de cartes (sorte de livre) avec une interface interactive mélangeant texte, image, son, video ( du moins à l'époque de Director, des animations) et des liens hypertexte. On développait des applications informatiques, tranquillement dans sa salle à manger, d'une manière intuitive, simple et puissante. Une révolution.
Gros succès chez les professeurs (modulo le prix des Mac à l'époque), des milliers de "piles pédagogiques" développées, échangées. Comme à son habitude Microsoft proposera 3 ans plus tard Toolbook, une pâle copie d'Hypercard.
iBooks Author a la même approche, en terme technologique (simplifier l'accès à la complexité de l'OS) mais propose deux nouveautés de taille. La première, est la métaphore utilisée ; celle ci n'est plus déconnectée de notre quotidien, de notre culture, on passe de la pile de cartes, au livre, avec toute les implications que ce changement de paradigme apporte en terme d’habitude d'usage et d'attaque de front de l'objet culturel par définition. La deuxième nouveauté, est le moyen de distribution. Loin des réseaux artisanaux d’échange des années 1980/1990, le book/app store d'Apple offre, potentiellement, aux auteur de iBooks le marché des possesseurs des iPad/iPhone.
De quoi susciter des nouvelles initiatives, de nouveaux talents, de nouvelles structures éditoriales.
Mais aussi, mais surtout, de pouvoir créer de nouveaux concepts d'écriture, de créer dès maintenant une forme d’écriture totale et de dépasser, enfin, J.Gutenber et son écriture linéaire, misérable. Infertile.
mercredi 28 décembre 2011
L'image est parole

De nouveau j'ai regardé le documentaire de Yann le Masson "Kashima Paradise" réalisé en 1974 qui analyse au travers de deux projets industriels (une aciérie à Kashima et la construction de l’aéroport Narita ) la société japonaise et la lutte des opposants (paysans, étudiants, ouvriers) à ces projets, qui défigurent, polluent, asservissent.
La société japonaise est montré sous son entrelacs de»giri» ces dons entrecroisés qui obligent les deux parties et celui de la relation patriarcal qui de la famille à l'entreprise régit, par la soumission à la hiérarchie, les relations entre personnes. On y parle de Lutte de Classe ( oui ça existait) . A la relecture de ce documentaire, Fukushima, semble être le prolongement direct de Kasima, de Narita, de Minamata. Un goût amer de recommencement.
Le documentaire n’est que image, pas d'interviews, et les leaders de réunions (même en plan serré) n'ont pas de voix synchro, la bande son n'est que bruit d'ambiance, peu de musique et la belle voix off qui dit les commentaires (écrits par Chris Marker)
L'image, et les beaux cadres de Yann le Masson filmant à l'épaule avec son Eclair ACL, se suffit à elle même. Car ici l'image est parole.
mardi 20 septembre 2011
Réalité Réticulaire

J’ai profité d’un séjour à Rome pour consolider ma pratique de l’iphoneographie. Mon iPhone 4 est rempli de dizaine d’apps photographique mais j’en ai utilisé vraiment qu’une dizaine. Au passage à l’iPhone 5, je vais rationaliser ma boite à outil, tant photo que video. Je reviendrais sur ces outils le moment venu pour l’instant je me suis créé un compte sur Twitpic : http://www.twitpic.com/photos/videopaper, car l’iPhone est avant tout pour moi un appareil photo de réseaux, d'expérimentation, de création. En attendant un appareil qui combinerait la qualité d'image d’un Sony Nex 7 par exemple avec l’ergonomie, les fonctionnalités réseau, la puissance des app de l’iPhone. A quand un Sony (ou Canon) avec l’IOS intégré, un compagnon pour nos visions et nos pensées réticulaires ?
samedi 10 septembre 2011
Reprendre en main la caméra

Dernièrement j’ai fais pour une amie peintre ( Virginie Roux Cassé), un triptyque video présentant (en partie) son travail. Un des volets s'intitule " Forme - Mouvement - Matière", j'y filme une ébauche faite au couteau. Filmant avec un 100 mm macro, beaucoup de déchets en terme de mise au point, mais le résultat, bien qu'incomplet, pas assez pur, à peine abouti, s'approche d'une forme de prise de vue "organique", qui fait sienne la réalité de l'action, qui propose une dynamique donnant un sens aux mouvements chahutés, aux pertes de point. Une sorte de réponse raisonnée à la rigidité, presque cadavérique, des mouvements de camera des films aseptisés, de suivis de point, qui, si parfait, laissent sans voix, mais aussi sans émotion.
Il ne s'agit pas de prôner une quelconque esthétique primaire de refus de stabilité du mouvement et/ou de la netteté.
Non, il s'agit de reprendre la camera en main, comme si la situation de cadrer nous avez déjà échappé. Comme si le rapport à la caméra, avait été dilué, absorbé par la technicité sans fin du numérique. Venir, revenir, à une prise de vue adhérente aux mouvements, une prise de vue aux confins de l'émotion, au plus près de la matière, au seuil de de la réalité. Cette réalité, qui bat au rythme de la vie qui, volage, s'enfuit de nos yeux.
Forme - Mouvement - Matière :
http://vimeo.com/videopaper/fmm-blog
Le triptyque :
http://vimeopro.com/videopaper/peinture
lundi 29 août 2011
Le ciel Photoshop
"Parlez moi de la pluie, et non pas du beau temps. Le beau temps me dégoute..." chantait G.Brassens dans sa chanson «L’orage». On pourrait, pour la photographie, reprendre cette antienne, tant que le ciel gris est propice à des expositions parfaites, le gris à18 % du système de mesure rentrant en phase ( en transe !? en résonance !?) avec celui du ciel. Comme cette photo illustrant cet article mise ici sans aucune retouche (prise au 5D MKII, mais celles prises avec l'iPhone sont toutes aussi étonnantes).
Nuages étranges, nuances magiques ; des gris, gris ; des blancs, blancs ; des noirs, noirs. Que demander de plus ? Peut être le soleil....
jeudi 18 août 2011
L'adieu à Niepce
Depuis la création de la photographie et du cinema (vidéo), en argentique ou en numérique le même principe est utilisé : celui de la camera obscura, une image se forme après avoir traversé des lentilles. Le remplacement du film par un capteur électronique est le niveau zéro du numérique. S'annonce des transformations bien plus fondamentales qui font proposer un véritable changement de paradigme, une véritable rupture, ouvrant de nouveaux champs de création, de nouvelles visions. La Computational Photography, car c'est d'elle dont il s'agit, est née il y a environs 5 ans au MIT et à la Stanford University en autre.
Le concept est simple au lieu d'enregistrer une image captée par un objectif, on va enregistrer une image calculée. Selon les dispositifs on capte plus une image mais des images d'un même sujet, ces multi images sont générées par exemple par une grille de lentilles devant le capteur ou des pixels additionnels. Ce qui est capté n'est plus l'image de la camera obscura mais des données de la réalité que l'on doit calculée pour obtenir un résultat compréhensible par l'oeil.
Plusieurs domaines d'application se dessinent sur les retombées à court terme de la Computational Photography: énorme plage dynamique , mise au point variable sur une seule image, Auto 3D, relighting.
Pour la mise au point variable et continu, le principe théorique a été explicité en 1908 !!!!! par Gabriel Lippmann ( Prix Nobel en 1903 pour son invention de la reproduction de la couleur par une méthode interférentielle) : une matrice de lentilles va permettre d'enregistrer, non pas une image de la scène mais une multitude d'images de la même scène, et donc de capter en terme de position et de direction les rayons de lumière de la scène via une matrice. Un algorithme va permet ensuite ainsi de faire varier le point puisque l'ensemble (fini quand même !!!!) des représentations de la scène ont été captées. Lytro devra sortir un appareil grand public avec ce principe avant la fin de l'année et Raytrix vends déjà ce type de camera pour un usage plus industriel et/ou professionnel.
Le HDR avec 3 photos combinées est une forme basique de Computational Photography. D'autres procesus existent comme un capteur ayant des pixels qui capturent différentes variations de la scène en terme de luminance et , qui vont être intégrés en temps réel pour offrir une plage dynamique comparable, voir supérieure à l'oeil, de 20 diaphragmes ! De quoi faire pâlir une Alexa … et en permettant, il me semble, d'intégrer les bienfaits de cette technologie dans les appareils grands public jusqu'au camera de cinéma numérique. Nous allons pouvoir, enfin, ciné/photographier comme Monet peignait.
Les nouvelles voies induites par cette nouvelle prise de vue va transformer le workflow même du film..La prise de vue ne sera qu'une opération technique de captation, la véritable création se fera dans ce que l'on appelle aujourd'hui la post prod : mise au point, éclairage, colorisation. Ca ne sera pas du virtuel mais une réalité inachevée, en devenir, qui sera manipulée, traitée. Sculptée.Peinte.
L'instant décisif sera glissant mais peut être encore plus pur car décalé dans le temps. Alors nos yeux seront nos âmes assoiffés d'images.
http://www.lytro.com/
http://raytrix.de/
http://graphics.stanford.edu/courses/cs448a/
samedi 18 juin 2011
Nouvelle photographie : l’heuristique subversive du beau

La nouvelle photographie est celle née de l'usage des mobiles en général et de l'iPhone en très particulier.
C'est un nouvel art fécondé par la fusion de l'appareil photographique, de l'ordinateur, des réseaux, et de l'ergonomie tactile. Post en forme de petite épistémologie de la nouvelle photographie.
Pour parler de cette nouvelle photographie, le néologisme qui a court sur internet est «iPhoneographie» mais peut être faudrait il mieux appelé cette nouvelle photographie "softgraphie " (écrire avec le logiciel) tant que cette photographie est basée sur le logiciel. Les objectifs sont logiciels (tilt shift, multi exposition), la mise au point est logiciel, l'exposition se fait au doigt ( avec quelle facilite, quelle créativité, quelle précision, ça ramène mon spotmétre au rang d'outil paléolithique !) le flou se construit du bout des doigts, l'image est somptueuse, sous nos yeux, sous nos doigts. Il y a de la peinture dans cette photographie.
Avec l'iPhone les outils ont changés de forme, de statut, les outils sont des applications, les Photoshop express et autre Photoforge et Photogene sont les dignes représentant de l'ancien monde, quand bien même elles restent utiles dans cette phase de transition, dans ce balbutiement des nouvelles origines. Elles existent mais sont déjà obsolète. Antiques. Mais il est juste de dire que le tactile permet d'être au coeur de l'image pour la retoucher et permet donc un ressenti de la modification, avec ces applications, sans commune mesure avec une souris ou une tablette wacom.
Le tactile, c'est le toucher. La caresse. Cela ne peut qu'influencer ce qui est issu du tactile. Le numérique prend de la consistance, il quitte son état virtuel pour devenir matière. Existence.
Les nouvelles applications sont des artware, elles génèrent des looks, avec un vaste champs fonctionnel du simple au complexe mais loin de faire gadget, elles font la part belle à la combinaison, au hasard, à l’incertitude. Elles sont pourvoyeuses d'idées, d'événements. De part leurs heuristiques hasardeuses, ces applications permettent d'interagir entre la réalité captée et la vision espérée, matérialisant le désir, ce sont des machines à sentiments. Des pourvoyeurs d'étranges beautés. On passe de la retouche de la réalité à la création de sensations de ressentis. D'émotions.
La photographie se fait exploratrice, expérimentale. Des applications déstructurent l'image ( Decime8) , le noir et blanc revient en majesté, les couleurs se perdent dans la combinatoire des traitements croises... l'image nait de la réalité mais comme un enfant, qui est à la fois héritier des lignées de ses parents et destinée unique, la nouvelle photographie hérite de la réalité mais elle en fait une vision a part entière. Dès maintenant le réel n'existe que pour, que par, sa représentation abstraite.
L'iPhone est un instrument de l'instant comme en son temps le Leica. Avec ce dernier le réel était l'esthétisme, avec l'iPhone c'est l'esthétisme qui devient réel. ( même si je reste un amoureux transit du flou des Summicron). Avec le Leica je captais le réel, avec l'iPhone je le transforme. Je génère ma propre réalité. Car le réel est multiple, malléable, hétérogène. On peut imaginer qu'avec le Cloud, des nouvelles formes des créations vont émergés. Sans parler des autre applications qui transforment l'iPhone en posemètre, charte de gris ; un autre post leurs seront consacres.
Nouvelle manière de photographier aussi au delà de la captation plus ou moins classique, (l'Appstore fourmille d'appareil photos en tout genre, ce fourmillement n'est pas sans rappeler celui des années 1920/1930 il y avait pléthore de fabricants d'appareils photos.) des nouvelles manières de capter la réalité émergent, forge un regard autre, comme «Joiner» ou "Timetrack" qui scanne la réalité, comme un pinceau du regard.
Au niveau des camera film le même souffle est présent mais bridée encore par le manque de puissance. En retrait quand même, il est symptomatique que dans les catégories de l'appstore celle estampillé''photographie '' regroupe les appareil photos et les cameras.
Nul doute que l'avenir de l'image infinie est dans le croisement de l'IOS, du tactile et d’un boitier avec capteur APS C et objectifs interchangeables. Le constructeur d'appareil photo qui aura la licence IOS sera le nouveau leader de la nouvelle photographie.
Ainsi donc, le beau se déplace de la perception à la création. Le réel se meurt sans souvenir. La vision se fait sensation. Avec l'iPhone l'abstrait est la nouvelle réalité.
samedi 14 mai 2011
L'oeil danse aux (loga)rithmes de la lumière
La deuxième révolution sur le Canon 5D apres le mode manuel, est la capture logarithmique. Technicolor ( ex Thomson) vient de signer un partenariat avec Canon pour développer des outils permettant à la gammes EOS de s’intégrer plus facilement dans des workflows de film et de télévision. Un premier produit issu de ce partenariat est un Picture Style (Appelé Cine Style) qui permet de capturer d'une manière logarithmique sur un Canon 5D MK II (et sur toute la gamme EOS).
Avec la capture logarithmique, le capteur ( et son électronique de traitement) s'humanise, il devient oeil...
En effet, l'oeil perçoit la lumière d'une manière non pas linéaire mais logarithmique. Il perçoit des rapports de luminosité plutôt que des incréments. Imaginons une pièce où on allume une à une 16 lampes de même puissance. A la 16 eme l'oeil ne percevra pas pas une luminosité 16 fois supérieure entre la 1ere et 16 ème lampes, mais seulement 4 fois et qui plus est, la différence de luminosité entre 1 et 2 lampes, 2 et 4 lampes, 4 et 8 lampes et 8 et 16 lampes est identique pour l’oeil...
Donc notre oeil perçoit plus les différences dans les basses et moyennes lumières que dans les hautes lumières, et cette perception s'effectue sous forme de rapport égaux déclenchée par des apports lumineux de plus en plus grand.
Du côté d’un capteur numérique, c’est une tout autre histoire, car il réagit d’une manière linéaire : plus il y a de lumière pluis la «tension» en sortie est importante. Si la lumière double, la «tension» de sortie double, et donc on va doubler aussi sa quantification numérique. ce qui a pour résultat que l'on va attribuer une grande quantité de bits pour les hautes lumières, et très peu pour les basses lumières et les intermédiaires. (entre le noir et le gris dans une capture linéaire sur 14bits, on va accorder 4% des 16384 valeurs, tandis qu’en log 10 bits cette plage va être représenté par 40% des 1024 valeurs )
Donc, en linéaire, (àl’inverse du film), adieu, les nuances, le subtil, les dégradés onctueux.
Ainsi donc une capture logarithmique va améliorer la dynamique du capteur ( on quantifie les données importantes, les blancs seront pas clippés, les noirs pas écrasés), et aussi l’ algorithmie du traitement du signal va donner de la réserve pour les blancs et les noirs noirs pour l'étalonnage. Car l’image obtenue est non saturée, non contrastée impropre à la vision. Il va falloir "étirer» les données via une LUT ou par les outils Lift/Gain/ Gamma d’un logiciel d'étalonnage. Car l’étalonnage est obligatoire. D’abord pour redonner du contraste et construire l'image avec une latitude sans commune mesure avec une image captée en lineaire (IUT 709). Ensuite, l'étalonnage (re)devient une étape décisive dans la finalisation d’une l’image, avec un matériau numérique qui est une veritable réserve de lumière.
Evidement le Canon 5D MKII encode en 4:2:0 / 8 bits, compresse en H264 et a une dynamique de 5 à 6 diaph, c'est à dire qu’il cumule tous les inconvénients !!!!! Donc sa capture logarithmique sera bien en deçà de la capture logarithmique d’une Viper, d'une Genesis, d'une F35 , d'une F3 , d'une Alexa ou d'une RED ( en post prod) car ces cameras ont déjà des dynamiques extrêmement élevés ( de l'ordre de 13 diagh hormis la F3) et la capture logarithmique se fait sur 10 bits, mais c’est toujours mieux qu’en linéaire.
En espérant que Canon intègre sur son futur 5D MKIII ou camera super 35 mm son propre mode logarithmique, une sorte de «C_Log". Dans cette attente mon Picture Profile est bloqué sur "Cine Style" car, la capture logarithmique, fait la part belle aux tons intermédiaires, aux basses lumières, tout en maitrisant les hautes lumières, c'est a dire le fondement de la subtilité. De la beauté.
www.technicolor.com/CineStyle.
jeudi 21 avril 2011
L'iPad, l'ubiquité merveilleuse

Par son interface, par sa taille l'iPad ouvre la voie au numérique du quotidien, au quotidien du numérique.
Je peux écrire, dessiner, peindre, imaginer,retoucher, consulter, monter, lire tout est à la portée de doigts, à portée de désir. Dans les années 90, on imaginait que l'interface qui remplacerait la souris serait la voix...et non c'est les doigts !!! Cent fois plus simple à implémenter, mille fois plus puissante dans ses possibilités.
Certains se plaignent que sur l'iPad il n'y pas d'entrée USB mais l'iPad est dans le domaine du sans fil, du Cloud Computing pas du filaire, pas de la prise. Il faut goûter aux joies de Dropbox pour s’en convaincre.
Quand les iMac sont sortis, Apple a imposé, l'USB à une industrie qui utilisait au mieux des liaison asynchrones, au pire des liaisons parallèles ( pour les imprimantes), depuis l'USB est devenu un standard de connexion.
Il y a fort à parier que le WIFI ( simple ou package comme la solution Air d'Apple) et le Cloud Computing fassent de même. C'est plus le changement de culture, de la relation aux données distribuées qui ralentit le processus de migration. Et aussi de l'absence d'infrastructures nationales en terme de WIFI. Ça serait à l'État de mailler le territoire en WIFI, comme au siècle dernier il a construit les routes, édifié les ponts, fédéré les réseaux ferroviaires, tracé les autoroutes, promu les aéroports.
J'avoue que j'ai été tenté par une tablette sous Androïd. Cet OS me semble intéressant, mais Google se confronte au même problème que Microsoft : il y a (quasiment) autant d'Androïd que de plateformes qui l'utilisent, avec son lot d'incompatibilité au niveau des applications. Et puis au niveau applicatif je pense qu'il y a une approche Apple (créativité, robustesse, expérience utilisateur) qui est spécifique et qui induit des types d'applications que l'on trouve peu ailleurs...
Bien plus que le Personal Computer, que le portable, que le NetBook, que le SmartPhone, l'iPad est le numérique fait vie. Peut être tenons nous là le début de la grande mutation, de la métamorphose, celle qui fera de nous des êtres créatifs, à l'aune de nos âmes numériques.
dimanche 6 mars 2011
Quitter la couleur

Au détour d'un paysage entrevu d'une voiture, d'un seul coup un désir de revenir au noir et blanc. De quitter la couleur. Y revenir. Plus tard. Plus loin sur mon chemin. Plus tard dans le regard.
Pourquoi ce besoin soudain de se soustraire à la couleur ? Pourquoi cet abandon brutal ? Presque une chute. Un vacillement. Peut être pour revenir à la composition pure. Aux formes. Aux densités de la réalité. Ressentir plus que voir. Appréhender plus que capturer. Peut être que la couleur est elle la cécité de la sensation ? Revenir à une photographie d'ombres, porteuse d'abandon, de dérives lointaines. Une photographie du peu et de l'essentiel à la fois. Une photographie du sous-jacent. De l’intérieur.
La photographie en noir et blanc est celle de l'exil. Une photographie du départ. De l'oubli.
jeudi 17 février 2011
La palette magique

Pour un étalonnage, j’ai eu à utiliser Colorista et surtout Looks composant de la Magic Bullet Suite de Red Giant Software
Avant cet usage, j’étais dubitatif, voire un peu dédaigneux, face à ses plug in d’étalonnage et de stylisation (pas assez puissant, application de preset). Après un usage intensif de Looks et de Colorista, je retourne casaque : Looks est un outil étonnant !
Colorista II ne s’éloigne pas d'une plate-forme standard d'étalonnage ( Primaire / Secondaire / Master,) de très bon niveau avec un keyer si puissant et si simple d’emploi qu'il renvoie celui de Color au rang de sympathique outil paléolithique et compte des outils ( Highlight recovery - Denisty - Pop) que l’on sent réellement issus d’une vraie pratique, et d’un usage simple, intuitif, le tout associé à des algorithmes de traitement de très grande qualité. Mise à part le manque de masques vectoriels, Colorista est une plate-forme d’étalonnage performante, et puissante qui n’a pas à rougir face à d’autres plates forme d'étalonnage pour du documentaire / court / reportage / institutionnel.
Looks est quant à lui un nouveau type de logiciel d’étalonnage, une vraie rupture tant au niveau fonctionnel, du workflow, de l’ergonomie. Avec Looks l’étalonnage redevient une fonction artistique, permettant un vrai travail sur l’image (relighting, matière, colorimétrie) car les outils sont à la fois très puissants et d’une simplicité déconcertante quant à leur usage. On se focalise sur le rendu de l’image et non sur l’outil qui permet ce rendu, par ailleurs servi par des algorithmes de haut niveau. Le gain de temps, par rapport à un même travail réalisé sous Color, est étonnant, et ce précieux gain de temps est mis au service de la création et non de la manipulation, et génère donc un résultat qualitatif et quantitatif impressionnant.
Looks peut tout à fait être utilisé comme plateforme d’étalonnage, épaulée par Colorista pour des problématiques d'isolation de partie d’image nécessitant un keying. De plus, ces deux plug in sont accessibles dans Final Cut Pro, After Effect, Motion, démultipliant ainsi leur usages potentiels.
Tout comme Colorista, on se rend compte que Looks a été imaginé par des gens du métier, qui voulaient un outil qui corresponde à leurs besoins et comblant leurs frustrations. Par sa nouveauté fonctionnelle, Looks ouvre un nouveau segment de plateforme d’étalonnage, réellement issue du numérique et non d’une transposition du monde de l'analogique à celui du numérique. Avec Looks, l'étalonnage se rapproche encore plus de la peinture. Une sorte de palette magique.





