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vendredi 13 mai 2016

Sola imago (par l'image seule)


La forme narrative du cinéma est une sorte de dégénérescence de cet Art. Une forme maligne qui a presque complètement phagocyté les autres formes possibles. Pourtant le cinéma c’est avant tout, écrire avec des images. 
Raconter une histoire devrait être secondaire. Cette écriture visuelle a pour grammaire, les plans, les cadrages, les mouvements de caméra, la lumière, le montage, et ainsi constituer des phases visuelles exprimant sensations, sentiments, ressentis, sans l’aide désuète de la narration. 
Considérer la forme narrative comme seule forme d’expression du cinéma est aussi restrictif que de dire que le pinceau, en peinture, serait juste fait pour le portrait, et figuratif qui plus est. Non le pinceau, c’est Dali, Kandinsky, Monet, Cézanne, Picasso, Juan Gris, Bacon, Turner, Van Gogh, Jawlenshy, et bien autres…
125 ans après son invention, et malgré la débauche technologique de ces dernières années, et l’ouverture cette semaine du Festival de Cannes  il est enivrant de savoir que le cinéma reste une expérience d’écriture et une aventure poétique à vivre, sola imago, par l'image seule.

samedi 21 septembre 2013

De la poche à l’épaule






















La Black Magic Pocket a rejoint ma poche depuis une semaine...Premiers rushes, premiers bonheurs.... La dynamique est toujours aussi époustouflante, certes l'image est moins piquée que sur la BM 2,5K,  mais bon avec un capteur S16 on ne peut pas tout demander ! Un petit regret j'ai investis  dans un 12 mm 2.8 Zuiko, j'aurais du acheter un 12/35 Panasonic stabilisé, à main levée l'ensemble est trop léger (un comble !!! ) pour une stabilité parfaite...

Avec la Pocket, je peux enfin saisir le réel au quotidien, et pouvoir utiliser ces rushes dans des projets plus importants. Aaton l’a fait (Aaton A minima) dans l'analogique, Black Magic l'a fait dans  le numérique... on es triste, mais on l'utilisera car c'est l'outil qu'il nous faut.

De la poche à l'épaule....Arri vient de sortir l'Amira, une vrai épaulière avec excuser du peu, un capteur super 35, qui fait du Pro Ress HD et 2,5K (pas de raw n’en déplaise aux aficionados de ce workflow)... Une vraie caméra de documentaire... Aaton l'a rêvé, l'Arri l'a fait...on est un peu triste, mais on l'utilisera car elle comble un manque. 

Avec ces deux cameras, chacune dans leur  domaine, capturer les images du quotidien devient un geste simple, naturel. Un beau geste.

dimanche 2 septembre 2012

Route One / France























J'ai revu " Route One / USA" de Robert Kramer. Réactiver mon regard. Revenir aux sources. Se ressourcer. Un peu de désespérance aussi à voir qu’en 22 ans, l'Amérique ( le monde ?) n'a pas réellement changé : misère, ségrégation sociale, WASP dominateurs, conservateurs fanatiques, travail aliénant.... Mais ce qui est poignant c'est les rencontres de ces pépites Humaines qui, dans la fange du Monde Capitaliste, font briller la solidarité, l'espoir, l'entraide, le partage, et si le monde ne changera pas, du moins elles auront ouvert des brèches de bonheur, apporté des brisures de lumière.


Beauté des plans et beauté de l'image. Filmé avec une Aaton super 16  (et gonflė en  35 MM),  l'argentique nous offre sa grande dynamique, et surtout et surtout sa matière. Cette espèce de densité de lumière, ce coulis  de couleurs, cette viscosité de la réalité, qui rassasie le regard. Image organique,  minérale, vivante, porteuse d'émotion. L'image numérique reste, à mes yeux,  moins goûteuse, plus rêche, plus sèche.


En comparaison le film " La pluie et le beau  temps» d’Ariane Doublet (film qui fait partie de sa belle  «Suite Normande «) tourné en XDCAM je suppose, offre une image vide, voire distante alors que l'on filme des gens, leur histoire. Au delà de l'absence de profondeur de champs et de la faible dynamique,  cette image vidéo semble plate, frêle, fragile ;  on ne la croit pas capable d'étayer le propos, de soutenir  l'histoire. Comme une absence elle se greffe sur le regard. Le média et l'image sont intimement liés,  leur union est la matière du regard.


Par curiosité et intérêt j'ai regardé, analysé «Route One / Usa»  sous Résolve 9 ( bien que sachant que  j’étais loin, très loin des originaux...). 
Mon premier étonnement  est qu’aucune balance des blancs est juste. Ce n'est pas des gros écarts,  juste une petit dominante, mais face à la précision chirurgicale que l'on peut avoir en étalonnage numérique, cela surprend....et quand je la rétablis et bien 8 fois sur 10 le décalage était plus plaisant ! Comme quoi l'imprécision est porteuse d'esthétisme...

Autres étonnement, l’image très peu saturée et pourtant les couleurs ont une belle présence. Jamais de noirs écrasés, jamais de blancs clippės ( le wavefom du 5D souvent me désole, car la  moindre d'erreur donne des noirs écrasés), et puis des niveaux jamais élevé toujours autour de 70%  (est ce le processus de masterisation ? ) et pourtant l'image n'est pas sombre et contrastėe juste ce qu'il faut....
Du mal à revenir au 5D....peut être que la BMD ou la C100 (à défaut d'Alexa !!!! ) me soulagera de ce spleen argentique ?


Avec l'ami Raymond (Depardon) un parcours en France, se solde par des belles photos léchées, faites à la chambre grand format. Un rien figé, un rien maniérė,  la Touche Culturelle Française je suppose, cette espèce de suffisance Française qui voit le monde au travers d’un désir esthétique prétentieux et donneur de leçon... Contraste avec «Route One», vision dynamique d'une société, analyse en mouvement, sans pédantisme. Montrer. Juste montrer. Bâtir la réalité à partir du regard et non de son interprétation. Donner à voir l'illusion du monde, et non donner l'illusion de voir le monde. Peut être  aussi que si il y avait 5000 km entre le nord et le sud de la France, nous aurions des Kramer plutôt que des Depardon. À nous de tracer cette route d'images.

jeudi 9 août 2012

Simple is beautiful





Le blog de de Frédéric Kroutchev «Planet Photo» est une véritable mine pour voir le travail de centaines de Photographes... Au hasard de la découverte j'en choisis un, puis un autre, et puisque encore un autre, comme une dégustation de grand crus, on goute, et parfois le palais s’émerveille et les saveurs restent...C'est ainsi que j'ai découvert Nick Brandt un photographe animalier qui photographie en noir et blanc au Pentax 67 avec deux focales fixes. Ce dénuement technologique, cet engagement pour être au contact, donnent  des photographies d'animaux émouvantes, touchantes qui tiennent plus du portrait humain que de la photographie animalière. Troublant.

Autre découverte Vivian Maier qui durant les années 50 faisait du «street  photography" avec  son Rolleiflex bi objectifs. Inconnue jusqu'à sa découverte récente et par hasard (achat lors d'une vente aux enchères, pour une bouchée de pain, de plusieurs millier de négatifs) de son travail  au regard si humain ; on la devine légère dans les rues, presque transparente. (L’usage même du Rolleiflex  fait que ses portraits sont en légère contre plongée, renforçant, sans excès, la dramaturgie de la prise de vue.)

Simple is beautiful pourrait le point commun à ces 2 photographes. Loin du Leica M 9, du Fuji X Pro 1, du Sony Nex 7, estampillés appareils à « street photography», Vivian Maier shootait avec son gros Rolleiflex bi objectif. Et Nick Brandt, loin des téléobjectifs sophistiqués de 600  ou 800mm stabilisés, des boitiers 24x36 avec des modes rafale à 12 images/s, fait des portraits animaliers avec un 6x7 et des petits télés.

Dans un autre ordre d'idée un archer Coréen,  Im Dong-Hyun, quasiment aveugle ( 1/10 à l’oeil gauche et 2/10 à l’oeil droit ) arrive à un niveau international bien qu'il voit la cible comme un tableau impressionniste, des masses de couleur aux contours flous qui s’entremêlent,  comme si la visée ne dépendait pas du regard, mais d'une  perception intérieur du centre.
Du juste.

Le regard photographique c'est peut être cela, voir avec son âme, percevoir avec son désir. Alors, l'outil photographique peut être simple.

Le blog de Frédéric Kroutchev
http://theworldofphotographers.wordpress.com

dimanche 15 juillet 2012

CAMEFLEX MKIII
























Choix cornélien  pour remplacer mon Canon 5D MKII... La Digital Cinema Camera de Black Magic Design est tentante avec son Raw / Pro Ress 422, sa dynamique de 13 diaph,  son packaging avec Résolve et Ultrascope, son prix....mais je suis trop dans l'esthétisme du full frame en terme de profondeur de champ pour accepter un capteur S16. Et puis comme son nom l'indique cela doit être une camera de cinéma, c’est à dire qu’elle doit être à l’aise qu’avec un paquet de lumière (elle doit plafonner a 400 ISO en terme de qualité  de gestion du bruit), donc pas trop faite pour du documentaire (sa construction aussi ne semble pas la destiner à des environnements et /ou situations trop exposées..)
La Sony FS 700 ... capteur S35, dynamique de 12 diaph mais je suis trop dans le rendu Canon pour changer et en plus est elle moche.Vraiment moche.
Bien sûr la C300 serait (presque) l'optima capteur S35, gestion des hautes sensibilités, 422, capture logarithmique, 50 mbps, sa pris en main agréable mais son prix de 15.000 E la rend inaccessible, d'autant plus qu’au vu de ses caractéristiques et de sa construction elle est bien trop cher, son juste prix  serait plutôt de l’ordre de 7000E (prix de la FS 700)  Mais bon entre la gamme C, le haut de gamme EOS, le moyen gamme EOS  il faut bien que les marketeurs segmentent....ils ont joués le positionnement cinéma, il aurait pu jouer le positionnement "Indy" avec une C300 à 7000E, Canon  en aurait vendu comme des petits pains....
Le canon 5D MKIII est une sorte de 5D MKII tel qu'il aurait du  être, avec une électronique   actualisée...C'est cher payé pour cette "mise a jour", mais bon sa robustesse, son capteur Full Frame,  ses qualités de gestion en basses lumières, sa compacité, en font quand même un incontournable...en attendant une C200 ouune Aaton D-Minima..
La sortie du 40 mm «Pancake» a basculé la donne pour moi. Sa légèreté, sa compacité (quel contraste avec mon 35 / 1.4 ! ) font que l’on a plus que le poids du boitier à porter. Etrange sensation. Cet objectif sur mon Canon 5D MKII  ( et certainement mon  MKIII...), avec ma petite poignée Sony, le viseur Zacuto, me fait une config de cinéma ultra légère, une sorte de Cameflex du XXI eme siècle, avec juste ce qu’il faut de technique numérique, pour  me laissé porter par la poésie de la sensation, l’émotion de la perception. Et créer des images fait d'un mariage entre la sensibilité d'un Bernard Plossu, le cut-up de William Burroughs, et la prose instantanée d'un Jack Kerouac.

mercredi 6 juin 2012

François, Raymond et les hautes lumières

























Etrange portrait que celui de F.Hollande tiré par R.Depardon. Sans parler de la posture figée, du président, c'est le rapport disgracieux entre les basses lumières du premier plan et les hautes lumières de l'arrière plan qui dérange. A l'arrière plan  surexposé la perte de détails se fait déjà sentir, comme si il s'effaçait devant le premier plan, celui d'un Président omnipotent, qui par sa seule présence constituerait  la photographie.
Cette photo doublement laide est appréciée des intellos, car du Depardon c'est obligatoirement beau, c'est évident. Pourtant le roi de la lumière naturelle en plus d'un réflecteur (pratique naturelle) a utilisé un bon gros HMI avec diffuseur pour sortir de l'ombre le Président  et tenter d'équilibrer les basses et les hautes lumières.
 A cette triste photographie, s'ajoute une autre tristesse, pour les journaleux leur critique s'exprime en soulignant l'aspect "instagram" de la photographie, comme quoi à l'heure d 'Internet  et de la diffusion tout azimut de la culture, les référents de la photographie semble avoir régressés. Et nous voila donc pour 5 ans contraint de regarder cette photographie à la laide normalité.

dimanche 22 avril 2012

Peintre en cinéma


Alors que Canon snobe les indies qui ont fait le succès du Canon 5D MKII en offrant un MKIII plus cher avec juste une mise à jour de l'électronique sans un gain notable en terme de dynamique du capteur et se coupe du marché des petites productions avec une C300 a 12.000E bien trop chère pour ce qu'elle est,  un 1D C à 7000E avec du 4:2:2 pour le 4K mais du 4:2:0 pour le HD, sans parler de la C500 à 30.000E....
La stratégie de Canon semble être orientée par les lumières d'Hollywood, comme si c'était la centre mondial de la création, de l'original, du talent et avec un regard dédaigneux pour les prods indépendantes : alors que Canon à créer le marché d’une nouvelle image vidéo il semble qu'il ne l’a pas compris. Canon reste un fabriquant de matériel ( il faut voir la pauvreté de ces logiciels photos ou video) avec une vision purement matérielle du marché,  une perception purement hardware des besoins, des tendances.  
A l'opposé de ce positionnement, de cette cécité marketing, Black Magic Design crée la surprise en proposant sa Cinema Camera pour 3000E avec un capteur d’une dynamique de 13 diagh et surtout livré avec  une copie de Resolve et de Ultrascope. 


Bien sûr il faut voir ce que donne cette camera (bruit, mise au point, aide à l’exposition, ergonomie, workflow......) mais le fait qu'elle soit associée par essence à un logiciel d'étalonnage est le signe de la compréhension  du cycle de l'image, ( tout en étant lucide que chez Black Magic Design ce ne sont pas des philanthropes...), de la compréhension que  l'image numérique intègre les approches, les compétences,  que l'image numérique est un ensemble indissociable Captation/Etalonnage. L'image numérique  est une. Il y a de la peinture dans cette approche.  


Ce nouvel outil me convient car il matérialise une philosophie, contient une proposition  au contraire de Canon qui matérialise qu’une étude de marché, vide de vision. Dans le monde de l'image Black Magic Design est l'Apple et Canon le Microsoft, avec le même impact sur la création. Et les créateurs/créatrices.

lundi 23 janvier 2012

R.I.P Johannes Gutenberg


Apple vient de mettre à disposition "iBooks Author", pour créer des livres électroniques interactifs, avec comme cible plus ou moins visée : les professeur de l'éducation nationale.


<< Rewind de 25 Ans...


En 1987, Apple sortait Hypercard le premier environnement de développement informatique orienté objet et interactif avec son langage Hypertalk. On pouvait developer des piles de cartes (sorte de livre) avec une interface interactive mélangeant texte, image, son, video ( du moins à l'époque de Director, des animations) et des liens hypertexte. On développait des applications informatiques, tranquillement dans sa salle à manger, d'une manière intuitive, simple et puissante. Une révolution.

Gros succès chez les professeurs (modulo le prix des Mac à l'époque), des milliers de "piles pédagogiques" développées, échangées. Comme à son habitude Microsoft proposera 3 ans plus tard Toolbook, une pâle copie d'Hypercard.


iBooks Author a la même approche, en terme technologique (simplifier l'accès à la complexité de l'OS) mais propose deux nouveautés de taille. La première, est la métaphore utilisée ; celle ci n'est plus déconnectée de notre quotidien, de notre culture, on passe de la pile de cartes, au livre, avec toute les implications que ce changement de paradigme apporte en terme d’habitude d'usage et d'attaque de front de l'objet culturel par définition. La deuxième nouveauté, est le moyen de distribution. Loin des réseaux artisanaux d’échange des années 1980/1990, le book/app store d'Apple offre, potentiellement, aux auteur de iBooks le marché des possesseurs des iPad/iPhone.


De quoi susciter des nouvelles initiatives, de nouveaux talents, de nouvelles structures éditoriales.

Mais aussi, mais surtout, de pouvoir créer de nouveaux concepts d'écriture, de créer dès maintenant une forme d’écriture totale et de dépasser, enfin, J.Gutenber et son écriture linéaire, misérable. Infertile.

lundi 14 novembre 2011

L.E.S.S (Léger. Engagé. Sobre. Subtil)



Face aux caméras boutonneuses, aux protubérances hideuses, à l’esthétique de tête de méduse des accessoires envahissants, à la prépondérance du prise de vue cinéma il faut une riposte, un repositionnement, une éthique renouvellée pour une prise de vue différente.


Voila celle auquel je vais m’astreindre pour mon travail personnel :


Léger : Support léger, à minima

Engagé : netteté au plus proche du flou, lumière naturelle

Sobre : 35 mm ou un zoom 24/70

Subtil : filmer en logarithmique suivi d’un étalonnage


Pas de rigidité dogmatique, si il faut un zoom plus puissant je le prendrais, si il faut un pieds je le prendrais, si il faut un léger ajout de lumière je le ferais.


Mais toujours chercher à saisir la réalité plutôt que la capter. Toujours chercher à poser un regard, à cadrer avec désir, à exposer avec envie. A Faire corps avec la réalité, à être au plus près de la camera


Une démarche de prise de vue pour faire sens, pour créer des sensations, pour créer la danse de l'image, en étreignant la caméra et en enlaçant la réalité.

mardi 18 octobre 2011

L’ancienne vague


Le nombre de fabricants de supports divers et variés pour le canon 5D MKII et leur offre est parfaitement incroyable. C'est la profusion, l'abondance. Le pauvre boitier se trouve noyer dans ses accessoires (voir à la fin du post quelques liens), car l'acharnement à harnacher ce boitier semble n'avoir qu'un seul désir: le cinéma, au détriment du documentaire, et qu'un seul but : faire aussi gros qu'une camera 35.


La nouvelle vague fut en partie nouvelle car elle abandonnait les énormes cameras 35 mm avec leur blimps les rendant obèses ( voir les liens en fin de post) pour les Cameflex légers, portables, pour une prise de vue dans la dynamique de la vie. Cette enflure semble être le ressac de cette nouvelle vague, où l'on ne sait plus tenir une camera, où la camera ne fait plus corps avec le cameraman, où la caméra est disjointe de la sensation.


Les cameras Red ou Arriflex ne sont plus que des boites où vient se greffer des protubérances, des verrues, des boursouflures. La camera n'est plus penser pour cadrer mais pour capter. Seul Aaton avec sa Penelope fait une camera d'épaule en 35 mm, réellement penser pour cela, perpétuant ainsi la relation homme/caméra, base de l'image filmée, car animer par une démarche où filmer reste un désir et non une fonction.


En septembre, pour passer une semaine à Rome, j'avais acheté une poignée Sony bon marché pour camescope pour en équiper mon 5D monté avec juste un 35 1,4 et une loupe sur l’écran. Loin de l'attirail sophistiqué, lourd, cher, vanter par les fabricants, j’étais léger, sobre, sensible (sans parler de l'économie réalisée), au plus proche de la caméra, au plus proche de la réalité. Je filmais.



Pour voir des cameras obeses :

http://tsutpen.blogspot.com/2007/11/adventures-in-american-filmmaking-88.html

http://tsutpen.blogspot.com/2009/09/adventures-in-american-filmmaking-121.html


Jouez avec nous à retrouver le canon 5D dans cet équipement !!!

http://www.neoncam.fr/neoncam/dslr/fr/

dimanche 16 octobre 2011

Nous sommes le réseau



Twitter agit comme un poseur de balises, une sorte de réveil informationnel, je n'ai jamais tant lu ""The Economist" que depuis je me suis remis a Twitter. (Etrangement même si le libéralisme n'est pas ma tasse de thé (!), l'intérêt et la qualité de certains articles de "The Economist" m'attirent...)


Twitter offre une vision parcellaire du savoir, il agit comme un delta d'information. Pas de courants puissants, impétueux, mais un infini de ruisseaux, de ruissellements, de filets qui irriguent et fertilisent.


Le savoir est heuristique et le fragment est son matériau de base.Twitter, plus que les blogs et autre RSS, intègre ces deux facettes qui le fait entrer en résonance avec notre pensée réticulaire ; le following devient, un noeud externe, une connexion temporaire. Nous sommes le réseau.

jeudi 6 octobre 2011

Steve Jobs et la photographie


Les journaleux prétentieux de France Culture se sont gaussé des réactions liées à la mort de Steve Jobs, eux qui sont les parangons de la Culture Française qui sent bon la naphtaline de l’arrière-garde et la moisissure des vieux paradigmes tant dans l’écrit que de l’image.

Mais qu’a-t elle fait cette France qui illumine le monde, celle qui donne l'exemple, celle qui donne des leçons ?


La France est absente de toutes les avancées technologiques de ces 65 dernières années ( y compris dans le logiciel, alors que les Allemands ont développés SAP (N° 1 des ERP) ou plus proche de nous IRIDAS (étalonnage) racheté par Adobe).

Nos grands capitaines d'industries ce sont les Serge Dassault, le roi du marché d’état et de ces enterloupes ; Arnaud Lagardère qui se ridiculise dans le démon de midi moins cinq ; Bernard Arnault qui fait dans les sacs de luxe, une bonne vieille tradition française où l’innovation réside dans un changement de système de fermeture tous les 50 ans ; Henri Proglio qui a planté Véolia mais qui en en est parti avec des millions d’euros pour diriger (?) EDF.... Effectivement, on a de quoi de se gausser de Steve Jobs.


Sorte de Leonard de Vinci du 20ème et du 21 ème siècle, Steve Jobs a été le vecteur de la modernité de notre vie quotidienne, certes il n’a pas été philanthrope, mais que nenni, il a donné au monde des outils de création, de savoir, de plaisir. C’est déjà beaucoup et quelque part, et en ce jour, à juste titre, on l’en remercie....



Et la photographie ? Et la Vidéo ?

Depuis les frères Lumière, pas de visionnaire, pas de génie dans ces domaines, mais des grosses mécaniques (Arriflex, Nikon, Canon) ou plus petites (RED), toujours bien huilées qui ronronnent au rythme des évolutions inéluctables des technologiques numériques et électroniques totalement centrées sur le traitement numérique. Sony par sa structure grand public / ordinateur / photographie / téléphone a plus les moyens que ses concurrents pour innover, mais son intuition, son innovation sont en berne depuis le Walkman (1979 !!!!).


Ces entreprises sont engoncées dans leurs études marketing, dans une pensée technocratique de la photographie, sans une réflexion sur ce que représente aujourd’hui l’image photo et video dans les évolutions de nos moeurs, de nos désirs, de la création, sans voir ses aspects sociaux et réticulaires. Rarement industrie a été, et reste, si aveugle.


Il a fallut qu'arrive l’iPhone avec ces apps, son interface tactile, sa connectivité réseau pour qu'une nouvelle forme de photographie émerge, encore balbutiante certes, mais qui est au coeur du désir créatif des gens et qui, comme les Macinstosh, a créé des nouveaux usages, des nouvelles pratiques.


L’iPhone 4S, (lynchés par les journaleux de la presse généraliste incapables de la moindre analyse originale, ressassant les mêmes point de vues totalement disjoints d’une pratique) avec son microprocesseur double coeur, son nouveau capteur (qui permet la stabilisation hardware de la video), son déclencheur via l’un des boutons de volume, son accès direct sans déverrouillage, les nouvelles fonctions de IOS 5, va renforcer la pratique de la photographie et vidéographie avec l’Phone et la nouvelle création photographique et vidéographique en aura l'empreinte. Et c’est encore Steve Jobs qui aura fait bouger les choses.

samedi 24 septembre 2011

Easy seeing



J’ai été voir «La nouvelle guerre des boutons», par devoir familial, car une partie de ce film avait été tourné à Blesles village natal de mon grand père paternel et qu'en juillet, durant le tournage de ce film, une grande réunion de famille réunissait, en ce lieux de racines familiales, tous les cousins et cousines de la branche «blesloise» de la famille.

Film à l’eau de rose, lisse, sorte de catalogue de scènes mise bout à bout, jeux d’acteurs attendus. Paysages de carte postale. Filmé en pellicule. Esthétisme convenu : quand Lebrac saute par la fenêtre de sa chambre par une belle soirée d’été et court dans le champ de blé, mouvement ascendant de grue, étalonnage avec dominante orange.... Comment peut on appeler cela une image ?


Dans l’industrie cinématographique le Directeur de la Photographie devrait s'appeler «Responsable Produit», car son rôle n’est plus de créer l’image, mais de la faire correspondre à l’esthétique du marché . Celle du cinéma marchand, distributeur d'émotions, diffuseur d’images prêtes à regarder, fournisseur d'audience pour la publicité télévisée. Les aéroports ont leur musique «easy listening», les multiplex leur «easy seeing». Et le regard s’enfuit. Comme je suis loin de tout cela.

mardi 20 septembre 2011

Réalité Réticulaire


J’ai profité d’un séjour à Rome pour consolider ma pratique de l’iphoneographie. Mon iPhone 4 est rempli de dizaine d’apps photographique mais j’en ai utilisé vraiment qu’une dizaine. Au passage à l’iPhone 5, je vais rationaliser ma boite à outil, tant photo que video. Je reviendrais sur ces outils le moment venu pour l’instant je me suis créé un compte sur Twitpic : http://www.twitpic.com/photos/videopaper, car l’iPhone est avant tout pour moi un appareil photo de réseaux, d'expérimentation, de création. En attendant un appareil qui combinerait la qualité d'image d’un Sony Nex 7 par exemple avec l’ergonomie, les fonctionnalités réseau, la puissance des app de l’iPhone. A quand un Sony (ou Canon) avec l’IOS intégré, un compagnon pour nos visions et nos pensées réticulaires ?

Super Réalité


Via les méandres d’Internet je suis tombé sur une présentation du Département Capteur Numérique de Sony (voir lien çi dessous). Sony est en train de développer une gamme de capteur qui surpassera la vison humaine, au sein du projet «Super Reality». Prise de vue haute vitesse, plage dynamique supérieure à l’oeil, super haute sensibilité sans bruit...Dans 3 ans on aura une plage dynamique supérieur à l’ALEXA dans des boitiers à 3000 E... L'esthétisme du cinéma indépendant va profiter de cette avancée technologique. Cet apport majeur se fera au coeur de l’image porteuse de sens, bien loin de la cosmétique du tilt shift, time lapse et autre 3D....


http://www.sony.net/SonyInfo/IR/info/Semiconductor/2011/index.html

samedi 10 septembre 2011

Reprendre en main la caméra



Dernièrement j’ai fais pour une amie peintre ( Virginie Roux Cassé), un triptyque video présentant (en partie) son travail. Un des volets s'intitule " Forme - Mouvement - Matière", j'y filme une ébauche faite au couteau. Filmant avec un 100 mm macro, beaucoup de déchets en terme de mise au point, mais le résultat, bien qu'incomplet, pas assez pur, à peine abouti, s'approche d'une forme de prise de vue "organique", qui fait sienne la réalité de l'action, qui propose une dynamique donnant un sens aux mouvements chahutés, aux pertes de point. Une sorte de réponse raisonnée à la rigidité, presque cadavérique, des mouvements de camera des films aseptisés, de suivis de point, qui, si parfait, laissent sans voix, mais aussi sans émotion.


Il ne s'agit pas de prôner une quelconque esthétique primaire de refus de stabilité du mouvement et/ou de la netteté.

Non, il s'agit de reprendre la camera en main, comme si la situation de cadrer nous avez déjà échappé. Comme si le rapport à la caméra, avait été dilué, absorbé par la technicité sans fin du numérique. Venir, revenir, à une prise de vue adhérente aux mouvements, une prise de vue aux confins de l'émotion, au plus près de la matière, au seuil de de la réalité. Cette réalité, qui bat au rythme de la vie qui, volage, s'enfuit de nos yeux.



Forme - Mouvement - Matière :

http://vimeo.com/videopaper/fmm-blog


Le triptyque :

http://vimeopro.com/videopaper/peinture

lundi 29 août 2011

Le ciel Photoshop


"Parlez moi de la pluie, et non pas du beau temps. Le beau temps me dégoute..." chantait G.Brassens dans sa chanson «L’orage». On pourrait, pour la photographie, reprendre cette antienne, tant que le ciel gris est propice à des expositions parfaites, le gris à18 % du système de mesure rentrant en phase ( en transe !? en résonance !?) avec celui du ciel. Comme cette photo illustrant cet article mise ici sans aucune retouche (prise au 5D MKII, mais celles prises avec l'iPhone sont toutes aussi étonnantes).


Nuages étranges, nuances magiques ; des gris, gris ; des blancs, blancs ; des noirs, noirs. Que demander de plus ? Peut être le soleil....

lundi 18 juillet 2011

Une beauté fulgurante



Découverte par hasard du photographe Américain Matt Black. Sidération.

Une photo toute en profondeur de champs, très peu de flou. Au 35 mm et/ou 28mm. Composition large. Noir et blanc. Si beau qu'il me semble qu'il ne puisse pas avoir été pris en numérique. Il capte la misère des petits paysans américains et des mexicains laisser pour compte. La dureté des paysages désertiques.


Pourquoi tant d'émotion ? Alors que mes yeux sont saturés des photographies que l'on trouve dans les magazines de photos (celles de livres photo ou des lecteurs), des galeries de partage de photographies sur le web.

La majorité d'entre elles sont belles, mais mortes. Elles ne m'émeuvent pas. Biens sûr elles sont esthétiques, mais une esthétique du vide, une esthétique de société. Une expression collective mais pas une recherche personnelle. Pas un engagement. Un désir. Une vision. Matt Black a un regard, un engagement, une vision. Il écrit une histoire. Construit une oeuvre. Il voit. Il nous fait voir. Nous voyons.


Avec les grands capteurs ( full frame ou APS ) la faible profondeur de champs est devenu un tic esthétique. Peut être une sorte de palliatif à une incapacité à faire un cadre, de composer un regard, de bâtir une vision, de proposer une émotion.


Dans la photographie mondialisée, l'image se perd dans l'absence. Il est bon parfois de la retrouver, vivante, forte,

et de côtoyer sa terrifiante beauté.


http://www.mattblack.com/kingdomofdust/01.html

vendredi 1 juillet 2011

Faire corps avec la réalité


Besoin de faire corps avec la caméra. Faire corps avec la caméra, avec la réalité que l'on capture, enregistre. Le Canon 5D avec tout son attirail pour en faire une caméra en général et une épaulière en particulier est loin de ce désir. Avec ces dispositifs plus ou moins sophistiqués ou hors de prix (Zacuto ayant la palme des prix astronomiques pour de la quincaillerie en l'aluminium anodisé), au mieux diminue cette impression, au pire l'accentue.

En aucun cas on fait corps. Il y a cette distance entre le corps et la caméra qui se reflète dans la difficulté d'être proche de ce que l'on filme. Nous sommes dans le lointain. La distance. Une absence d'engagement. Une superficialité. Nous sommes en surface du réel. On capte la réalité sans la partager. Sans l'appréhender. Nous sommes spectateur de ce que nous filmons.

Je rêve d'une camera d'épaule légère, une sorte de super 16 mm numérique. La A-cam dII de Ikonoskop semble se rapprocher de désir, mais sa sortie est toujours annoncée sans réellement s'effectuer. Et puis son format RAW DNG semble avoir été choisi plus par une contrainte industrielle (très peu d'électronique embarquée ) que par une réelle conviction : faire un workflow aussi léger que la caméra. Pour moi la capture logarithmique serait la solution la plus efficiente en terme de workflow (pas de debayerisation dynamique) et de qualité (gestion des basses lumières)

Il y a bien les cameras vidéo broadcast 2/3" (donc plus petit que le S 16mm) mais elles restent lourdes, trop électroniques, peu maniables. Une solution pourrait être le magasin numérique de P+S Technick pour les Ariflex 16 mm SR III, mais il a un capteur 2/3. Non. Il faudrait une Aaton A minima numérique, une D Minima, pour retrouver cette sensation de faire corps un avec ce que l'on filme. De retrouver cette osmose avec l'outil, d'être unis avec elle. La caméra.

samedi 18 juin 2011

Nouvelle photographie : l’heuristique subversive du beau


La nouvelle photographie est celle née de l'usage des mobiles en général et de l'iPhone en très particulier.

C'est un nouvel art fécondé par la fusion de l'appareil photographique, de l'ordinateur, des réseaux, et de l'ergonomie tactile. Post en forme de petite épistémologie de la nouvelle photographie.


Pour parler de cette nouvelle photographie, le néologisme qui a court sur internet est «iPhoneographie» mais peut être faudrait il mieux appelé cette nouvelle photographie "softgraphie " (écrire avec le logiciel) tant que cette photographie est basée sur le logiciel. Les objectifs sont logiciels (tilt shift, multi exposition), la mise au point est logiciel, l'exposition se fait au doigt ( avec quelle facilite, quelle créativité, quelle précision, ça ramène mon spotmétre au rang d'outil paléolithique !) le flou se construit du bout des doigts, l'image est somptueuse, sous nos yeux, sous nos doigts. Il y a de la peinture dans cette photographie.


Avec l'iPhone les outils ont changés de forme, de statut, les outils sont des applications, les Photoshop express et autre Photoforge et Photogene sont les dignes représentant de l'ancien monde, quand bien même elles restent utiles dans cette phase de transition, dans ce balbutiement des nouvelles origines. Elles existent mais sont déjà obsolète. Antiques. Mais il est juste de dire que le tactile permet d'être au coeur de l'image pour la retoucher et permet donc un ressenti de la modification, avec ces applications, sans commune mesure avec une souris ou une tablette wacom.


Le tactile, c'est le toucher. La caresse. Cela ne peut qu'influencer ce qui est issu du tactile. Le numérique prend de la consistance, il quitte son état virtuel pour devenir matière. Existence.


Les nouvelles applications sont des artware, elles génèrent des looks, avec un vaste champs fonctionnel du simple au complexe mais loin de faire gadget, elles font la part belle à la combinaison, au hasard, à l’incertitude. Elles sont pourvoyeuses d'idées, d'événements. De part leurs heuristiques hasardeuses, ces applications permettent d'interagir entre la réalité captée et la vision espérée, matérialisant le désir, ce sont des machines à sentiments. Des pourvoyeurs d'étranges beautés. On passe de la retouche de la réalité à la création de sensations de ressentis. D'émotions.


La photographie se fait exploratrice, expérimentale. Des applications déstructurent l'image ( Decime8) , le noir et blanc revient en majesté, les couleurs se perdent dans la combinatoire des traitements croises... l'image nait de la réalité mais comme un enfant, qui est à la fois héritier des lignées de ses parents et destinée unique, la nouvelle photographie hérite de la réalité mais elle en fait une vision a part entière. Dès maintenant le réel n'existe que pour, que par, sa représentation abstraite.



L'iPhone est un instrument de l'instant comme en son temps le Leica. Avec ce dernier le réel était l'esthétisme, avec l'iPhone c'est l'esthétisme qui devient réel. ( même si je reste un amoureux transit du flou des Summicron). Avec le Leica je captais le réel, avec l'iPhone je le transforme. Je génère ma propre réalité. Car le réel est multiple, malléable, hétérogène. On peut imaginer qu'avec le Cloud, des nouvelles formes des créations vont émergés. Sans parler des autre applications qui transforment l'iPhone en posemètre, charte de gris ; un autre post leurs seront consacres.


Nouvelle manière de photographier aussi au delà de la captation plus ou moins classique, (l'Appstore fourmille d'appareil photos en tout genre, ce fourmillement n'est pas sans rappeler celui des années 1920/1930 il y avait pléthore de fabricants d'appareils photos.) des nouvelles manières de capter la réalité émergent, forge un regard autre, comme «Joiner» ou "Timetrack" qui scanne la réalité, comme un pinceau du regard.


Au niveau des camera film le même souffle est présent mais bridée encore par le manque de puissance. En retrait quand même, il est symptomatique que dans les catégories de l'appstore celle estampillé''photographie '' regroupe les appareil photos et les cameras.


Nul doute que l'avenir de l'image infinie est dans le croisement de l'IOS, du tactile et d’un boitier avec capteur APS C et objectifs interchangeables. Le constructeur d'appareil photo qui aura la licence IOS sera le nouveau leader de la nouvelle photographie.


Ainsi donc, le beau se déplace de la perception à la création. Le réel se meurt sans souvenir. La vision se fait sensation. Avec l'iPhone l'abstrait est la nouvelle réalité.