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mardi 10 avril 2012

Temps numérique


Depuis une quinzaine d'années, depuis que j'ai un portable, j'avais abandonné la montre. L'objet devenait inutile face aux fonctions du portable, même si l'accès au temps était ralenti. Et puis j’imaginais une montre numérique malléable, changeante au grès des souhaits. Dans les années 70 les montres bon marché Kelton avec pour slogan " Vous vous changez, changez de Kelton"...hélas le choix était restreint et le budget pouvait devenir conséquent. Dans les 80/90’s Swatch reprit le flambeau, le marketing et le design aidant la montre devenait accessoire de mode, de look, on pouvait changer de montre selon son activité, son humeur. Mais la montre restait une montre, et petit à petit le port d'une Swatch périclita.



A part quelques court écart temporaire, mon poignet restait nu, hors du temps en quelques sorte. Depuis quelques jours j'ai renoué avec le temps après avoir découvert que l'iPod nano avec son appli montre et un bracelet adéquat faisait une montre dont on pouvait changer le look instantanément. Une Kelton virtuelle, une Swatch immatérielle.


Certes sur les 18 cadrants proposés, seul 5 me plaisent, mais on peut rêver qu'Apple lors de la nouvelle version de la mouture IOS pour iPod nano en propose plus, voire qu'à travers une web application les designers peuvent en créer et les mettre en vente sur l’Appstore. Comme son lointain cousin le iPhone, dont la fonction téléphone n'est plus qu'une fonction parmi d'autres, la montre iPod nano est aussi une radio, un lecteur de mp3, un album photo. C'est le propre du numérique cet anéantissement des frontières fonctionnelles. Le temps numérique au poignet, j'égrène mon time code.

dimanche 8 janvier 2012

Web 0.0


Dans la famille Royal-Hollande nous avions déjà tiré le web de "Désir d'avenir" qui fut la risée, à juste titre, de tout le monde tant sa médiocrité en terme de design était grande, et surtout aux antipodes du discours de Mme S.Royal, quant à sa modernité et aux usages des réseaux qu’elle vantait.


Tombé par hasard sur le site de Mr F.Hollande (www.francoishollande.fr) j'ai été surpris par un design d'une grande ringardise, du genre de ces sites qui proposent de gagner 2000E/jour en devant trader, ou ceux vantant un régime miracle qui fait perdre 15 kg en 2 semaines.


Ces sites, pour crédibiliser leurs discours, adoptent un design neutre, propret, sans aspérité, une esthétique du rien, un désir de terne, une éloge du commun. Je n’ai pas entendu de levée de bouclier quant au design du site de M F.Hollande. Libération trouve «sobre» la vidéo de voeux de ce candidat où, avec une incruste assez dure, il apparaît sur un fond rosâtre, fadasse, une sorte d’apothéose du vide comme esthétisme. Comme si le «normal» cher à ce candidat devait être triste.


Pourtant, (lui comme les autres) lors de discours enflammés pour galvaniser les troupes, il n'hésite pas à parler de " patriotisme productif", de "France de l'excellence", de « fierté industrielle à retrouver" et termine un discours devant de jeunes militants du PS en parlant de "la jeunesse de France"...Etrange paroles qui résonnent comme un air connu de cette chanson à la gloire de P.Pétain, où peut être ne faut il que changer le premier mot : "Président nous voila ! / Devant toi, le sauveur de la France / Nous jurons, nous, tes gars / De servir et de suivre tes pas...»



Opposition troublante entre la volonté d'être moderne, les promesses de changement, la volonté de faire d'internet et des réseaux sociaux un levier démocratique et cette matérialisation qui offre un immobilisme conceptuel, une esthétisme normée pour les masses. Un web zéro.


Mr.F Hollande parle de "Rêve Français", au vu de son site (et de ces grandes chances de devenir président pour 5 ans), le rêve semble étriqué, la petitesse des désirs ne créera que de bien piètres jouissances et à l’aune de la tristesse de son site, on risque surtout de s'ennuyer ferme.

jeudi 6 octobre 2011

Steve Jobs et la photographie


Les journaleux prétentieux de France Culture se sont gaussé des réactions liées à la mort de Steve Jobs, eux qui sont les parangons de la Culture Française qui sent bon la naphtaline de l’arrière-garde et la moisissure des vieux paradigmes tant dans l’écrit que de l’image.

Mais qu’a-t elle fait cette France qui illumine le monde, celle qui donne l'exemple, celle qui donne des leçons ?


La France est absente de toutes les avancées technologiques de ces 65 dernières années ( y compris dans le logiciel, alors que les Allemands ont développés SAP (N° 1 des ERP) ou plus proche de nous IRIDAS (étalonnage) racheté par Adobe).

Nos grands capitaines d'industries ce sont les Serge Dassault, le roi du marché d’état et de ces enterloupes ; Arnaud Lagardère qui se ridiculise dans le démon de midi moins cinq ; Bernard Arnault qui fait dans les sacs de luxe, une bonne vieille tradition française où l’innovation réside dans un changement de système de fermeture tous les 50 ans ; Henri Proglio qui a planté Véolia mais qui en en est parti avec des millions d’euros pour diriger (?) EDF.... Effectivement, on a de quoi de se gausser de Steve Jobs.


Sorte de Leonard de Vinci du 20ème et du 21 ème siècle, Steve Jobs a été le vecteur de la modernité de notre vie quotidienne, certes il n’a pas été philanthrope, mais que nenni, il a donné au monde des outils de création, de savoir, de plaisir. C’est déjà beaucoup et quelque part, et en ce jour, à juste titre, on l’en remercie....



Et la photographie ? Et la Vidéo ?

Depuis les frères Lumière, pas de visionnaire, pas de génie dans ces domaines, mais des grosses mécaniques (Arriflex, Nikon, Canon) ou plus petites (RED), toujours bien huilées qui ronronnent au rythme des évolutions inéluctables des technologiques numériques et électroniques totalement centrées sur le traitement numérique. Sony par sa structure grand public / ordinateur / photographie / téléphone a plus les moyens que ses concurrents pour innover, mais son intuition, son innovation sont en berne depuis le Walkman (1979 !!!!).


Ces entreprises sont engoncées dans leurs études marketing, dans une pensée technocratique de la photographie, sans une réflexion sur ce que représente aujourd’hui l’image photo et video dans les évolutions de nos moeurs, de nos désirs, de la création, sans voir ses aspects sociaux et réticulaires. Rarement industrie a été, et reste, si aveugle.


Il a fallut qu'arrive l’iPhone avec ces apps, son interface tactile, sa connectivité réseau pour qu'une nouvelle forme de photographie émerge, encore balbutiante certes, mais qui est au coeur du désir créatif des gens et qui, comme les Macinstosh, a créé des nouveaux usages, des nouvelles pratiques.


L’iPhone 4S, (lynchés par les journaleux de la presse généraliste incapables de la moindre analyse originale, ressassant les mêmes point de vues totalement disjoints d’une pratique) avec son microprocesseur double coeur, son nouveau capteur (qui permet la stabilisation hardware de la video), son déclencheur via l’un des boutons de volume, son accès direct sans déverrouillage, les nouvelles fonctions de IOS 5, va renforcer la pratique de la photographie et vidéographie avec l’Phone et la nouvelle création photographique et vidéographique en aura l'empreinte. Et c’est encore Steve Jobs qui aura fait bouger les choses.

samedi 24 septembre 2011

Easy seeing



J’ai été voir «La nouvelle guerre des boutons», par devoir familial, car une partie de ce film avait été tourné à Blesles village natal de mon grand père paternel et qu'en juillet, durant le tournage de ce film, une grande réunion de famille réunissait, en ce lieux de racines familiales, tous les cousins et cousines de la branche «blesloise» de la famille.

Film à l’eau de rose, lisse, sorte de catalogue de scènes mise bout à bout, jeux d’acteurs attendus. Paysages de carte postale. Filmé en pellicule. Esthétisme convenu : quand Lebrac saute par la fenêtre de sa chambre par une belle soirée d’été et court dans le champ de blé, mouvement ascendant de grue, étalonnage avec dominante orange.... Comment peut on appeler cela une image ?


Dans l’industrie cinématographique le Directeur de la Photographie devrait s'appeler «Responsable Produit», car son rôle n’est plus de créer l’image, mais de la faire correspondre à l’esthétique du marché . Celle du cinéma marchand, distributeur d'émotions, diffuseur d’images prêtes à regarder, fournisseur d'audience pour la publicité télévisée. Les aéroports ont leur musique «easy listening», les multiplex leur «easy seeing». Et le regard s’enfuit. Comme je suis loin de tout cela.

mardi 20 septembre 2011

Réalité Réticulaire


J’ai profité d’un séjour à Rome pour consolider ma pratique de l’iphoneographie. Mon iPhone 4 est rempli de dizaine d’apps photographique mais j’en ai utilisé vraiment qu’une dizaine. Au passage à l’iPhone 5, je vais rationaliser ma boite à outil, tant photo que video. Je reviendrais sur ces outils le moment venu pour l’instant je me suis créé un compte sur Twitpic : http://www.twitpic.com/photos/videopaper, car l’iPhone est avant tout pour moi un appareil photo de réseaux, d'expérimentation, de création. En attendant un appareil qui combinerait la qualité d'image d’un Sony Nex 7 par exemple avec l’ergonomie, les fonctionnalités réseau, la puissance des app de l’iPhone. A quand un Sony (ou Canon) avec l’IOS intégré, un compagnon pour nos visions et nos pensées réticulaires ?

lundi 5 septembre 2011

L'écho de l'absence


Aujourd'hui, ma mère est rentré en maison de retraite. Un an et demi après la mort de mon père. Elle a emporté des photographies. Dans un album. Dans deux cadres. Posés devant des fleurs. Des fausses fleurs. La vie se réduit à deux photos. La vie se concentre dans deux photos. Ma soeur, ma mère, moi, mon frère, mon père. Dans un cadre. Mon père et ma mère. Dans un autre cadre. Le souvenir encadré. Là dans un espace restreint, fermé, le souvenir comme une lumière en pleur. La photographie seule. Seule sur cette commode. La photographie seule. En ombre. Des fausses fleurs. Des vrais souvenirs. Balbutiements du sens. La photographie. Elle propage l'onde du souvenir. Elle est l'écho de l'absence.

samedi 27 août 2011

A star is dead



Steve Job se retire d'Apple. Une page se tourne. Il a pavé ces 35 dernières années de toutes les innovations marquantes de l'informatique. Un créateur. Un artiste des technologies, du marketing, du design sans aucune comparaison avec le fadasse suiveur sans envergure qu’est Bill Gates ou de son clone et bouffon sautant ( au vue des vidéos de séminaires internes), Steve Ballmer.


Visionnaire, il a su s'entourer d'hommes et de femmes qui ont su mettre en oeuvres ses idées. Apple et certains journaleux, nous disent que Steve jobs a légué son sens de l'innovation à l'entreprise.

Certes, cependant 2000 ingénieurs bardés de diplôme ne peuvent pas remplacer un génie. C’est à dire une personne qui porte en lui une vision, une synthèse technologique, marketing, design d'un produit et qui possède une force créatrice qui manque à tout groupe institué.


Il faut voir, pour s’en convaincre, les millions d'euros dépenser par les entreprises pour faire naître un brin succinct de créativité dans la masse qui les constituent. Comme çi on voulait remplacer un Monet par 50 peintres du dimanche.


Donc, peut être qu’Apple va se scléroser, s’enkyster. Mais d'un autre côté, il est bien connu que les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, alors d’autres hommes ou femmes remarquables vont certainement émerger, et un nouveau Apple va naître. Passion du futur qui nous hante.

jeudi 11 août 2011

La géometrie de la saveur


Quelques jours de bonheur avec Kasumi. Initiation à la cuisine japonaise. Le concombre n'est pas coupé en rondelle mais en lanière. Au delà du fait que l'usage des baguettes implique peu ou prou cette découpe, c'est aussi une vision du monde, ou du moins une perception du monde, qui émerge de cette manière de couper la matière. La cuisine Japonaise est si organique. Elle est matière, éléments. Vision. Peut être que les objectifs japonais partagent cette étrangeté, ce trait de culture, par rapport a ceux de Leitz ? L'empire des signes dans nos yeux agonisants.

dimanche 1 mai 2011

Silence visuel



Une journée sans voir. Vivre une journée de silence visuel. Pas d'image. Juste le noir. Le silence. Ne pas voir. Etre en soi. Se voir, en intérieur. Dans l'obscurité caressante. Se mouvoir dans l'absence d'image. Se nourrir du noir. Etre dans son vide. Ascèse mémorielle. Ne pas se souvenir. Ou juste des formes. Des ombres. De la laitance de la lumière. Effleurer la lumière. Imaginer le blanc. Se détacher de la perception. Pour renaître aux couleurs.

dimanche 27 mars 2011

Visite au pays des étalonneurs et à celui des avant-gardes


La fête de Holî se déroule en Inde pour célébrer le printemps. Durant les 2 jours de cette fête, les gens se jettent l’un à l’autre des couleurs sous forme de pigments. Au delà du fait que c'est du pain béni photographique pour les pages monde des journaux (papier ou web), il y a une telle joie et énergie chez les participants que l'on dirait que la couleur est leur seconde peau ou peut être bien la première. Et puis recevoir ces couleur doit être d’une volupté infinie ; jouir du plaisir de la matière. Assez éloigné de la rigidité numérique !


Aux antipodes de ce pays de couleur vibrantes et vivantes, il y a celui de l'image de l'avant garde vidéo, du moins celle d’une partie de la video d'art, du moins celle contenue dans les vidéos primées au festival Videoformes 2011 diffusées lors de la soirée du palmarès à laquelle je participais.


Dans ce pays l'image est laide, mal exposée, mal étalonnée, mal cadrée. Mais qu’importe l’image, puisque le concept est tout. Voila une bien triste affaire, car si déjà dans les années 1950, Isidore Isou, voulait supprimer l’image ce n’était pas par sa négation mais par son dépassement. Quand la perception est instrumentalisée, la technique fait partie de la beauté.


On a peine à croire qu'un peintre ne sachant pas peindre puisse créer une oeuvre, mais c’est pourtant ce que font ces Artistes video, ne maîtrisant en rien la technique de prise de vue. Mais cette dichotomie ne gêne rien ni les créateurs, ni les critiques patentés et autres membres de jury, car pour eux le concept prime sur l’image laide. Et pourtant dans la laideur du monde, c’est la beauté qui est subversive.

mardi 1 février 2011

Les Stigmates du Spectacle


Grand Corps Malade sort un nouvel album. Cela m’abat un peu. Avec ses rimes scolaires, sa musique de variet de super marché, son contenu à l’eau de rose, son flow binaire, il va encore faire frémir les foules. Grand Corps Malade est au Slam ce qu’est TF1 est à la culture : l’audience est là, mais le contenu absent. Par contre il a les stigmates du Spectacle (au sens Debordien du terme) : Il est jeune ; il est handicapé ; il est de la banlieue. Tous les ingrédients d'une série télévisée, d’un story telling journalistique, d’un roman photo. Ca fait pleurer dans les chaumière, ça remplit les salles, mais l’Ecriture dans tout cela ? Où est elle dans ce galimatias de sens, dans ce charabia d’émotions ? Nulle part.


L’Ecriture était dans les Nada, les Félix, les Ucoc, les Abd El Haq, les Yo, les Carbon, les «La Gabin» et quelques autres sur les scènes Slam des années 2000. C’étaient eux les passeurs de sens, les créateurs d’émotions, eux qui avaient l’Ecriture chevillée à l’âme et le désir des mots. Toutes choses qui relèvent de la denrée rare et non da la marchandise. Qui se savourent et ne se consomment pas.

lundi 22 novembre 2010

Windows : Une calamité industrielle



Voila 25 ans que Windows a été lancé. Combien de Giga de données ont été perdues à cause de plantages de ce soft ? Combien d’heures de perdues dans les entreprises à cause de ces plantages ? Combien d’heures d’énervement à utiliser ce soft, qui tombe parfois en marche ?

Devant la pauvreté fonctionnelle de Windows, devant son instabilité, devant son absence d'ingénierie logicielle, Microsoft aurait du déposer le bilan en 1990 sous la pression de ses clients. A cette époque là, certaines sociétés comme Dbase ou Goupil ont connues ce sort à cause de ces raisons.

Mais l’arrivisme de Mr B.Gates, la cécité marketing d’IBM, l’élitisme intransigeant d’Apple ont fait que ce tas de bug est devenu incontournable grâce à ces 3 applications bureautiques.

A la lecture des articles deci delà, il faut être journaliste pour trouver que Mr B.Gates a été un grand innovateur, car il suffit de regarder factuellement l’évolution de Windows pour voir que Microsoft n’a été qu’un petit suiveur sans envergure : Apple propose l’interface utilisateur fenêtre/souris avant Microsoft ; l'environnement de développement orienté objet Toolbook copiera avec retard le merveilleux Hypercard d’Apple ; QuickTime est la première architecture multimédia ; .Net de Microsoft est une pâle imitation de JAVA, et l’iPhone d’Apple à remiser les portables sous Windows au, juste, rang d’outils préhistoriques.

Aucune des avancées logicielles de ce quart de siècle est du à cette société, qui a chaque nouvelle version de Windows disait que l’ancienne version n’était pas bonne mais celle là, attention elle sera terrible. Et les journalistes d'acquiescer. Et les journalistes de vanter la facilité de Windows et de sortir plus tard des numéros spéciaux au titre évocateur : «300 trucs pour simplifier et optimiser Windows».

Microsoft ne s’est jamais soucié de l’utilisateur : il fallait voir, dans les années 1990, les arborescences de menus de Windows CE sur le petit écran d’un palmtop et plus près de nous l’obscur barre de tâche de windows 7 et le «Démarrer/ Eteindre» de Windows Vista pour s’en convaincre.... (et penser au millier d’heures de développement pour arriver à cela..)

Bien que tout n’est pas rose chez Apple, ils ont entre autre une ingénierie logicielle de haute volée, qui fait que le Mac OS a une résilience impressionnante qui met en confiance l’utilisateur et qui leur a permis de changer 3 fois de plateforme matérielle (Motorola 68XXX / Motorola Power PC / Intel) dans une transparence quasi parfaite pour les utilisateurs. On frémi en imaginant que Microsoft aille à faire cela, alors qu’ils leur faut une versions (Vista) pour fournir un OS qui soit stable (enfin presque...).

Pour cet anniversaire les utilisateurs n'ont même pas le droit à une part de gâteau alors que Steve Balmer vient de vendre 50 millions d'actions pour un montant de 1,3 Md$ . Vous reprendrez bien un petit bug avec le champagne non ?

jeudi 2 septembre 2010

De la lumière du Panthéon



Rome. Découverte. Première fois. Ville colorée. Immeuble décor. Bleu du ciel. Calme. Douceur. Pavés noir des rues. Labyrinthe de fontaines. Pin parasol au coeur de la ville. Jardins tendres de la Villa Borghese. Lacis de ruelles. Se perdre. Ruines surgissantes dans le présent. Fresques. Tableaux. Sculptures. Eglises. Basiliques. Saturées de couleurs.


Et dans cette exubérance colorée, le camaïeux de gris du Panthéon et sa lumière si douce. Si troublante. Venant du haut par l'oculus, la lumière diffuse, douce, pleine, porteuse de regards et de désirs lointains.


Dans cette lumière qui emplit et pénètre, loin des Dieux, l'exposition de la photographique devient dialogue avec cette atmosphère lumineuse. Presque, proche du sacré. Le gris émeut. Capter ses nuances, ses enluminures sombres. Ici la lumière est matière et l’exposition photographique la sculpte. Patiemment. Car pas de braketing, ni de mode HDR, illusions technologiques, mirages marketing, mais ressentir la lumière, l’évaluer, la comprendre, la mesurer avec le spotmetre. Se tromper. Recommencer. Affiner. Choisir.


Prendre son temps. Etre lent. Etre dans le temps de la lumière. Cette lumière toute en ombre, qui est à peine altérée par la marque de l'oculus faite par le soleil, qui glisse, silencieuse, sur les murs au fil des heures. Seule trace de présent dans cette immortalité faite lumière.

lundi 23 août 2010

La Marseillaise numérique



J'avais pris connaissance avec une certaine désespérance que le jour de son lancement le site france.fr se plantait faute à une base de données mal calculée...En 2010 ne pas être capable de lancer correctement un site si peu complexe ( voir plus loin) m'étonnait a peine de la part de l'informatique Gouvernementale et/ou Administrative ayant eu a me frotter à la déclaration par Internet pour être Auto Entrepreneur : le site ne fonctionne pas sur Mac ! Alors que ça fait bien 10 ans que tous les grands sites savent gérer tous les navigateurs avec leurs différentes versions, à première vue pour l’URSAF faudra attendre dix ans de plus, sans compter que la télé déclaration ne fonctionne pas si on a, comme moi, deux numéros de Siret, ce qui enlève du charme, on en conviendra, surs les facilités, claironnées par le Gouvernement, induites par internet pour la gestion de ce statut.


Quand le site france.fr a été de nouveau en ligne la première chose qui m'a sauté aux yeux c'est l'extreme pauvreté de la charte graphique qui reprend celle de "20 minutes" : un code couleur par rubrique et des aplats de couleur pour structurer la page. Du tout venant, du quelconque.


A la lecture du «Canard Enchaîné» j'apprend que ce design basique émane de Ora-ïto, le directeur du SIG (Service d’Information du Gouvernement) a fait appel à ce Monsieur, designer de son état et coqueluche des gazettes et des magazines car il trouvait que la charte proposée par l’agence retenue sur appel d’offres faisait "ringard". On imagine sans peine ce que ça devait être....


Etrangement France.fr est un site vide, qui a un très faible contenu éditorial et une iconographique moyenne et qui ne fait que renvoyer vers d'autres sites. Il y a si peu de texte que le blanc est ce que le voit de plus, et pour donner un peu de matière à la page, on a pas oublié de mettre en fond, comme un filigrane, une carte de France. Quelle audace conceptuelle !

Au delà des sommes astronomique engagées pour la création de ce site proche du vide («Le Canard Enchaîné» parle de 100 000 Euro pour la Charte Graphique, 28.000E pour le logo, 3 Millions d’Euros pour la conception globale, hébergement) c’est la pauvreté du design (et du contenu) qui est le plus affligeant, le plus dérangeant.

On avait eu le site Désirs d'Avenir, maintenant on a le site france.fr : A quand le prochain naufrage graphique, la prochaine Bérézina de l'esthétisme, le prochain juin 40 du design web du site politique ?


Quand on voit ce que ces politiciens font en pensant être le nec plus ultra du design numérique on frémit en pensant comment ils imaginent nos vies, nos besoins, nos peines, nos désirs. Alors tous en coeur, entonnons :


Au Web citoyens !

Tous à vos souris

Créons, créons

Qu'un design pur

Abreuve nos écrans

mardi 10 août 2010

Cinémot : Filmer avec des mots



Paris, je t’aime au petit matin d’été

Quand tu es désert, et vidé.

Que tes rues reprennent leurs espaces

Et que j’y déambule sans laisser de traces.


Sans laisser de traces sur le corps de tes rues

Mais où, j'y laisse d'infinies caresses, des festins nus

Des Polaroids secrets, de tes avenues dépecées

Par le vide. Pas de foule, pas de gens, juste un silence lesté.


Juste un silence lesté, par le murmure de bruits lointains,

Tes poubelles qui débordent de papiers crasseux,

Un journal froissé dépasse : "Séisme à Kyoto, 234 morts"

Des mots cachés par d'autres oripeaux, d’autres décors.


D'autres décors derniers les volets fermés sur les fenêtres

Des rideaux tendus sur des vitres opaques à la vie

Qui s'insinue dans tes rues, une voiture qui passe

Seule sur l'avenue, le bruit qui décline doucement.


Doucement, le soleil s'infiltre dans tes rues

Donne vie aux ombres, qui s'allongent sur le bitume

Vert, orange, rouge, minable arc-en-ciel des feux rouge

Sur ton ciel bleu tout neuf, des lumières vides qui clignotent.


Qui clignotent comme le gyrophare

Aspergeant ses rayons sur les alentours aux timides lumières

Arrestation, revolvers pointés, hommes allongés sur le sol

Nuits de deal, argent menottes aux mains.


Aux mains qui indiquent le chemin

A un couple de touristes Américains égarés

Deuxième à droite et puis tout droit.

Le SDF qui se réveille engourdi par une courte nuit.


Une courte nuit qui s'enfuie, chassée par les reflets sur la Seine

Vue du Pont de la Concorde, un vélo qui le traverse

Plus loin, plus loin, les cafés préparent leurs terrasses, dépilent leurschaises

Regard travelling assis dans le taxi qui glisse dans le sillage de l'avenue.


Dans le sillage de l'avenue, un homme titube

Vomi, agenouillé à terre, tache sa veste.

Doux froissements des feuilles des arbres, par la brise du matin

Joggers harnachés de muscles qui me frôlent.


Qui me frôlent, comme ces souvenirs

Du 14 juin 1940, tu étais alors, Paris,

Ville ouverte, ville muette, déserte,

l’Allemagne rentrait dans ce vide.


Dans ce vide qui ornent ce matin tes bancs

Tes arrêts de bus, tes panneaux publicitaires

Femmes lingerie, pose lascive de la marchandise

Qui s’expose aux yeux absents.


Aux yeux absents que comblent mes instants photographiques

Happant ce dimanche matin Parisien.

À la terrasse du café, deux amoureux blottis

Dans leurs baisers, qui emplissent le monde et mon viseur.


Et mon viseur, qui te capte Paris,

Qui capte ton matin, ton silence, tes espaces,

Qui enregistre tes souvenirs, tes détails, tes envies

Paris, tu exposes ton corps, que je surprends dans l'attente.


Dans l'attente.



lundi 1 février 2010

Une couleur est partie


Mon père est décédé le 9 décembre 2009.
Altération de la perception de la vie.
Mais elle continue, la vie ; les couleurs aussi.

mercredi 12 novembre 2008

La criiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise

Mes premiers étalonnages m'ont montrés que la plupart des corrections nécessitent de  faibles et subtiles modifications, et aussi des modifications coordonnées (par exemple lorsque on "joue" les ton moyens contre les basses lumières ou les hautes lumières). La précision de ma tablette Wacom étant en deçà de mes besoins (et ne permet pas les modifications coordonnées), l'achat d'un pupitre d'étalonnage (Tangent Device CP200-BK / 4395 EHT), m'a paru obligatoire. Ma tréso n'étant pas au beau fixe (!), j'ai demandé à mon fournisseur préféré (ATREID / www.atreid.fr) un crédit bail. Son organisme a refusé ma demande, car comme c'est la criiiiiiiiiiiissssssssse les règles d'acceptation des dossiers se sont durcies. Huuum, je crois que la crise à bon dos, c'est plutôt la formule "indépendant + 54 ans" qui ne leur convient pas ! Un peu triste de cette réponse, va falloir attendre un peu pour investir....
Ah ! vivement que je fasse un clip pour Carla :-) et que je me passe des banquiers qui n'ont jamais fait bonne compagnie avec les artistes...

Naissance

C'est de mon début d'expérience, en juin 2008, dans l'étalonnage avec Color que m'est venu l'idée de ce blog. Ma découverte d'un vrai étalonnage avec Color (avant le filtre "Etalonnage" de FCP me suffisait...) a été la clé de voûte de ma démarche de Vidéaste, où déjà  prise de vue et montage étaient pour moi des pratiques artistiques à part entière. L'étalonnage prend donc (toute) sa place dans ces pratiques artistiques qui constituent mon activité de Vidéaste.

Ma  pratique de la vidéo a toujours pour moi relevé de la peinture, et donc  tout comme un peintre est seul devant sa toile, je suis seul avec ma caméra, mon logiciel de montage, celui d'animation et maintenant d'étalonnage. Rien de nouveau  en fait, Dziga Vertov, Walter Ruttmann, Georges Méliès,  l'ont été aussi seuls à créer, non pas par égocentrisme mais parce ils concevaient comme un tout l'acte de création cinématographique.

Ce blog consignera mes réflexions (théoriques et pratiques) sur la création d'image dans le contexte de ma démarche artistique de Vidéaste au travers des outils que j'utilise au quotidien et de la réalisation de travaux tant professionnels que personnels (ces deux domaines étant perméables).