jeudi 28 mai 2015

Resister



A l'occasion de l'entrée au Panthéon de quatre resistant(e)s  (donc deux cercueils étaient remplis de  terre comme certainement celui de Jean Moulin), le discours de F.Hollande a été un grand moment de bla bla intello, comme seul un conseiller en « grands événements »  (titre officiel à l’Elysée de l’ex journaliste Pierre-Louis Basse ) peut en faire et qui pointe encore le déni de réalité de nos politicards.
Car, de droite comme de gauche, ces politicards qui nous gavent des grands sentiments, nous sature de l’esprit de résistance,  foulent sans vergogne les rêves de la Résistance Française et son programme des jours heureux, avec comme triste résultat, 10 % de la population française qui vit sous le seuil  de pauvreté dans la sixième puissance économie mondiale, 70 ans après la fin de la seconde guerre mondiale. 
Et pour ce peuple berné, l’obscénité des discours grand-guignolesque des politicards n'a d’égale que l’obscénité qu'ils ont à les tenir sans honte.

jeudi 23 avril 2015

Petit précis quantique de photographie

Nous portons nos photographies en nous.  Comme des naissances latentes. Ce sont des images potentielles. L'instant du déclenchement n'est que la matérialisation de ces images en gestation. Nos photographies sont fécondées par le hasard.  L'instant photographique est une sorte de décohérence spirituelle, l’instant du déclenchement est celui de la réduction de nos fonctions d’ondes de nos images intérieures.

Le désir photographique, la prise de vue, est notre quête insensée de féconder nos images qui sont en nous, particules spirituelles de réalité, que nous instancieons par nos désirs. Nos photographies pré-existent en nous, héritage fécond d’un Unus  Mundus qui nous contient. Elles sont nos matins sans fin et nos nuits infinies. Le Monde est en nous.

jeudi 19 mars 2015

La décolorisation


Ayant dans l'idée de faire un film à base de paysages minéral en N&B, je me suis rappelé de Porcherie de Pasolini, dont une des 2 histoires est filmé sur les pentes de l'Etna. J’ai ripé le DVD pour pouvoir le passer en N&B dans Resolve pour donner du terreau à mon imagination… Moments étonnants et émouvants , l’image se transforme, comme si on enlevait une gangue de vision erronée,  une autre réalité apparaît, la beauté de PIerre Clementi devient spirituelle, il rayonne comme un saint.


La colorisation entre autre des documents filmiques de la première et seconde guerre mondiale à donner l'occasion à  nos journaleux de parler d’une nouvelle vision des événements plus vrais, plus réelle.  On peut être dubitatif sur cette apport de la colorisation, qui est fondamentalement une approche marketing de l’Histoire. La décoloration de films perturbe la perception de la réalité,  on croyait avoir vu le film, et nous en voyons  un second avec un nouvel espace de réalité, de beauté, de réflexion. La décolorisation  est une sorte de la décolonisation de la réalité, celle-ci  s’extirpant du joug  de la marchandise et de la doxa de la couleur comme unique référent du réel.

vendredi 6 mars 2015

Cinéma Codex












C'est la narration qui casse l’image. L'image est à la solde de la narration et non au service de l'émotion, du ressenti. Elle n'existe pas par elle même, elle est assujetti à la narration, celle çi amenuise sa portée, étouffe son audace, la prive de son aura, la castre de sa beauté, la maintient dans le rôle subalterne de captation, d'enregistrement. Comme l'imprimerie a réduit à néant la beauté des codex et leurs enluminures, cet entrelacement, porteur de sens, de l’image et du texte, l’emprise de la narration sur l’image, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, a appauvrit notre perception, obscurci nos sens et obombré nos désirs. La narration a réduit l’image à un rôle de faire valoir, à un rôle d’un pantin servile et obéissant de la narration.

Quand l'image retrouve sa place pleine et puissance, alors on parle de cinéma expérimental, alors qu'il est n'est que l'essence même du cinéma. Qu’il n'est que cinéma.

vendredi 13 février 2015

Les temps sombres













Il faut créer du beau, car pour les temps sombres qui s'annoncent, qui s'amoncellent, il sera notre seule lumière.
Notre seul lueur.

Créer du beau non pas pour contrebalancer la laideur de l'Humanité, tache disproportionnée, irréalisable, mais pour laisser des traces, des fragments, des brisures, pour que ceux qui viendront après nous, après l'obscurité, puissent les voir, les percevoir. Et qu'ainsi ils raniment nos beautés vacillantes.
Nos rêves éteints.

samedi 24 janvier 2015

Abolir la trinité














Fascination toujours renouvelée que de regarder Glenn Gould au piano. Une forme d'extase. Une possession. Une transmutation de la vie intérieure en musique. Une vision faite chair. Une spiritualité. L'engagement du corps dans la musique. Le corps fait musique. L'instrument devient l'extension de l'esprit. L'instrument n'existe plus en temps que tel, il se fait chair. Le piano, le pianiste, la musique ne font plus qu'un, la trinité est abolie. La dissonance du partage, de l'écartèlement s'efface  pour faire place à l'unicité, à l'harmonie retrouvée. Et pourtant que de répétition, d'humilité, de volonté, de concentration, d'isolement consentis pour la pureté simple et ineffable de l’instant éblouissant. L’engagement, la confrontation à la musique, la faire sienne, s’insinuer en elle. C'est cela jouer. Filmer comme Glenn Gould joue du piano.

lundi 12 janvier 2015

Les nouveaux accords de Munich ou l’effondrement de la raison



Les réactions aux événements de la semaine dernière, de la marche de dimanche 11.01.15, par leur ampleur, pourront être considérer, plus tard, comme le  basculement de la société dans une période de  post démocratie, par la consécration, comme moyen de diriger les peuples, de l’émotion et de la compassion et son corollaire l’effondrement de la raison, de la réflexion.

Ce que nous venons de vivre, c’est le remplacement du « Je pense donc je suis » , par « Je twitte  donc je suis ». 

L’hystérie compasionnelle comme moyen d’assujettissement des masses.

L’objectivation comme organe de gouvernance, de la caste des journalistes.

Le langage publicitaire (je suis charlie) comme seule possibilité d’expression de la révolte.

L’effacement de la notion de classe au profit de l’unité nationale.

La saturation du réel comme moyen de contrôle de la pensée et de sidération de la volonté.

La chute de l’écrit au profit de l’image comme support à l’objectivation du réel.

La perte de soi et son transfert dans les médiateurs (journalistes, animateurs télé, artistes) de la représentation de sa propre pensée. 

L’accaparement de la douleur par ces médiateurs ; eux seuls souffrent, leur douleur est sacrée. (les 6 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté n’ont pas la voix aux chapitres).

L'affirmation obscène des valeurs des pays développés comme références universelles (pays du tiers monde, vos milliers de morts en guerre civile, en désastres économiques ou naturels ne sont rien comparé aux vies de nos 8 journalistes). 

L'oblitération consciente du Passé, de l’Histoire, pour façonner un Présent comme un perpétuel renouveau, où le réel se dérobe à la raison pour transformer les actions en reflexes Pavloviens.

Comment peut on être aveugle à tout cela ???

L’éditorial de Mr L. Joffrin de Libération de ce lundi 12 janvier 2015,  a le goût amer du discours de Neville Chamberlain à son retour à Londres après la signature des accords de Munich. On connait la suite.

Editorial de Libération
http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/un-elan-magnifique_1178617?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot