mercredi 6 octobre 2010

L’homme sans flou


Belles photos que celles d’André Kertész (Exposition au Jeu de Paume).Etonnamment presque aucune composition à un flou d’arrière plan (à part quelque unes, comme «Jambes», " Enfants Tziganes»). Des photos sur un seul plan, d’un seul tenant, un morceau brut de temps. Bien que le flou fasse partie de mon esthétisme, les photos de A.Kertész, m'émeuvent, me touchent, m’attirent. L’homme sans flou isole ma vision. La rend pure.


Un autre homme sans flou, Raymond Depardon, et ses photos de «La France» (Exposition BNF). Ici, la netteté apporte l’ennui, le déjà vu, le déjà revu, le déjà rerevu. Mais comme c’est Raymond Depardon, c’est génial, bien sûr. De plus, en terme de démarche, il me semble que dans les années 50/60 il y avait un corps de photographes au Ministère de l’Agriculture qui étaient chargé de photographier «La France», il faudrait pouvoir confronter ces regards. Ceux de ces photographes anonymes et celui de Raymond. Car le Raymond est à la photographie ce que le Marcel est à l’habillement : un esthétisme figé. Alors le regard se détourne, affamé, vers d’autres horizons.

Quant à son usage de la chambre 20x25, ils ne fait que copier, ce Raymond, bien d’autres photographes paysagistes qui le font depuis bien longtemps avant lui aux Etats-Unis ou en France. Pour les amoureux de la chambre photographie, le site www.galerie-photo.com leur ouvrira la porte de la photographie grand format, tant au niveau technique qu'esthétique. Un régal des yeux, loin de Raymond.

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